Anne de Bretagne
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Anne
Anne de Bretagne-Jean Bourdichon.jpg
Portrait d'Anne de Bretagne.

Titre
Duchesse de Bretagne
9 septembre 14889 janvier 1514
&&&&&&&&&&&0925225 ans, 4 mois et 0 jour
Couronnement 10 février 1489
Prédécesseur François II
Successeur Claude
Reine de France
6 décembre 14917 avril 1498
Monarque Charles VIII
Prédécesseur Charlotte de Savoie
Successeur Jeanne de France
8 janvier 14999 janvier 1514
Monarque Louis XII
Prédécesseur Jeanne de France
Successeur Marie d'Angleterre
Biographie
Dynastie Maison de Montfort
Date de naissance 25 janvier 1477
Lieu de naissance Drapeau de la province de Bretagne (1532).svg Nantes (Bretagne)
Date de décès 9 janvier 1514 (à 36 ans)
Lieu de décès Pavillon royal de la France.svg Blois (France)
Père François II de Bretagne
Mère Marguerite de Foix
Conjoint Maximilien Ier du Saint-Empire
Charles VIII de France
Louis XII de France
Enfants Charles-Orland de France,
dauphin de France
Claude de France Red crown.png
Renée de France

COA french queen Anne de Bretagne.svg
Ducs de Bretagne

Anne de Bretagne, née le 25 janvier 1477 à Nantes, morte le 9 janvier 1514 à Blois de la gravelle, duchesse de Bretagne de 1488 à 1491 et de nouveau de 1498 à sa mort et, par ses mariages, archiduchesse d'Autriche et reine des Romains (1490-1491), puis reine de France (1491-1498) et reine de Sicile et de Jérusalem en droit, puis de nouveau reine de France (1499-1514) et duchesse de Milan.

Elle était la fille de François II (1435-1488), duc souverain de Bretagne, et de sa seconde épouse Marguerite de Foix (v. 1449-1486), princesse de Navarre.

Elle est un enjeu central dans les luttes d’influence qui aboutiront après sa mort à l’union de la Bretagne à la France. Elle a également été élevée dans la mémoire bretonne en un personnage soucieux de défendre le duché face à l'appétit de ses voisins.

Sommaire

Enfance

Éducation

Anne de Bretagne naît le 25 janvier 1477 ( ou le 25 janvier 1476 ancien style[Note 1]) au château des ducs de Bretagne à Nantes.

De l'éducation d'Anne de Bretagne, nous conservons peu de traces. Il est probable qu’elle reçoit l’éducation d’une jeune noble de son temps : elle apprend à lire et à écrire en français, peut-être un peu de latin. Contrairement à ce que l’on retrouve parfois, il est peu probable qu’elle ait appris le grec ou l’hébreu. Elle est élevée par une gouvernante : Françoise de Dinan, comtesse de Laval[1]. Son maître d’hôtel est le poète Jean Meschinot (de 1488 à la mort de celui-ci en 1491). On lui aurait peut-être enseigné la danse, le chant et la musique.

Héritière de Bretagne

En cette période, la loi successorale est imprécise, établie principalement par le premier traité de Guérande en 1365 par Jean IV. Celle-ci prévoyait la succession de mâle en mâle dans la famille des Montfort en priorité ; puis dans celle de Penthièvre. En effet, côté Montfort, il ne reste que Anne (puis Isabeau) et côté Blois-Penthièvre, Nicole de Penthièvre. Or en 1480, Louis XI achète les droits de la famille de Penthièvre pour 50 000 écus. Anne de Beaujeu confirme cette vente en 1485 à la mort de Jean de Brosse, mari de Nicole de Penthièvre.

Pour la succession du duc François II, le manque d’un héritier mâle menaçait de replonger la Bretagne dans une crise dynastique voire de voir passer le duché directement dans le domaine royal. François II étant en rébellion contre le roi de France il décide de faire reconnaître héritière sa fille par les États de Bretagne malgré le traité de Guérande. Ceci a lieu en 1486 et accroit les oppositions au duc dans le Duché, la concurrence des prétendants au mariage avec Anne de Bretagne et mécontente l'entourage du roi de France.

Fiançailles

En mariant sa fille, François II comptait renforcer sa position contre le roi de France. La perspective de joindre le duché à leur domaine a ainsi permis successivement d'obtenir l'alliance de plusieurs princes d'Europe :

  • elle fut d'abord fiancée officiellement en 1481 au prince de Galles Édouard, fils du roi Édouard IV d'Angleterre. À la mort de son père, il fut brièvement roi (en titre) sous le nom d’Édouard V et disparut peu après (mort probablement en 1483).
  • Henri VII d'Angleterre, (1457-1485-1509), alors détenu en Bretagne, mais ce mariage ne l'intéressait pas.
  • Maximilien Ier d'Autriche, roi des Romains, futur empereur (1449-1508-1519), veuf de Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire.
  • Alain d'Albret, fils de Catherine de Rohan, époux de Françoise de Blois-Penthièvre (donc héritier possible), cousin et allié de François II.
  • Louis, duc d'Orléans, cousin germain du roi Charles VIII et futur roi Louis XII (1462-1498-1515), mais il était déjà marié à Jeanne de France.
  • Jean de Chalon, prince d'Orange (1443-1502), neveu de François II (petit-fils de Richard d'Étampes) et héritier présomptif du duché après Anne et Isabeau.

Le vicomte Jean II de Rohan, autre héritier présomptif, proposa avec le soutien du maréchal de Rieux le double mariage de ses fils François et Jean avec Anne et sa sœur Isabeau, mais François II s'y opposa.

Mariages

En 1488, la défaite des armées de François II à Saint-Aubin-du-Cormier qui conclut la guerre folle le contraint à accepter le traité du Verger dont une clause stipule que les filles de François II ne pourront se marier sans l'assentiment du roi de France.

À la mort de François II, s’ouvre une nouvelle période de crise qui mène à une dernière guerre franco-bretonne. À Rennes le 19 décembre 1490 Anne, devenue duchesse, épouse en premières noces et par procuration le futur Maximilien Ier, (devenu par la suite empereur romain germanique) qui était alors titré roi des Romains. Ce faisant, elle devient reine, conformément à la politique de son père. Cependant, ce mariage est une grave provocation à l'égard du camp français : il viole le traité du Verger, il réintroduit un ennemi du roi de France en Bretagne, ce que leur politique a toujours tenté d’éviter aux XIVe et XVe siècles. De plus, il est conclu au mauvais moment : les alliés de la Bretagne sont occupés sur un autre front (siège de Grenade pour le roi de Castille, succession de Hongrie pour Maximilien d’Autriche).

En dépit de renforts anglais et castillans venus soutenir les troupes ducales, le printemps 1491 voit de nouveaux succès de La Trémoille (déjà vainqueur à Saint-Aubin-du-Cormier), et, se posant en héritier, Charles VIII vient mettre le siège devant Rennes où se trouve Anne, afin qu’elle renonce à ce mariage avec l’ennemi du royaume de France[Note 2].

Après un siège, sans assistance et n'ayant plus aucun espoir de résister, la ville se rend. Anne ayant refusé toutes les propositions de mariage avec des princes français, les fiançailles avec Charles VIII sont célébrées à la chapelle des Jacobins de Rennes. Puis Anne de Bretagne se rend, escortée de son armée (et donc libre, ce qui était important pour la légitimité du mariage et du rattachement de la Bretagne[2]) jusqu'à Langeais pour les noces des deux fiancés. L'Autriche combat désormais sur le terrain diplomatique (notamment devant le Saint-Siège), soutenant que la duchesse vaincue a été enlevée par le roi de France et que leur descendance est donc illégitime.

Mariage avec Charles VIII au Château de Langeais.

Le 6 décembre 1491, Anne épouse officiellement au château de Langeais le roi de France Charles VIII. Ce mariage est conclu en urgence, et validé après coup par le pape Innocent VIII (le 15 février 1492) qui se décide à adresser à la cour de France l’acte d’annulation antidaté du mariage par procuration d'Anne avec Maximilien, considéré comme n'ayant jamais existé. Les époux s'échangent par le contrat de mariage leurs droits sur la Bretagne ; le contrat comprend également une clause de donation mutuelle au dernier vivant. En cas d'absence d'héritier mâle, il est convenu qu’elle ne pourra épouser que le successeur de Charles VIII[3]. De cette union naissent six enfants, tous morts en bas âge.

Reine de France

La duchesse Anne en prière
Miniature tirée des Grandes Heures d'Anne de Bretagne.
Blason de Anne, Reine de France.

Par le mariage de 1491, Anne de Bretagne est reine de France. Son contrat de mariage précise qu’il est conclu pour assurer la paix entre le duché de Bretagne et le royaume de France. Il fait de Charles VIII son procureur perpétuel. Le 8 février 1492, Anne est couronnée et sacrée reine de France à Saint-Denis. Son époux lui interdit de porter le titre de duchesse de Bretagne[4].

Elle passe beaucoup de temps en grossesses (avec un enfant tous les quatorze mois en moyenne). Lors des guerres d’Italie, la régence est attribuée à Anne de Beaujeu, qui a déjà tenu ce rôle de 1483 à 1491. Anne de Bretagne est encore jeune, et sa belle-sœur la suspecte[5]. Elle n'a qu’un rôle réduit en France comme en Bretagne et doit parfois accepter d'être séparée de ses enfants en bas-âge. Anne vit essentiellement dans les châteaux royaux d'Amboise, de Loches et du Plessis ou dans les villes de Lyon, Grenoble ou Moulins (lorsque le roi est en Italie). À Amboise, Charles VIII fait faire des travaux, tandis qu'elle réside à côté, au Clos Lucé futur logis du créateur de la Joconde, Léonard de Vinci. Elle y a sa petite chapelle.

Elle devient reine de Sicile et de Jérusalem lors de la conquête de Naples par Charles VIII.

Dès la mort de Charles VIII, elle reprend la tête de l'administration du duché de Bretagne. Elle restaure notamment la chancellerie de Bretagne au profit du fidèle Philippe de Montauban, nomme lieutenant général de Bretagne son héritier le Jean de Chalon, convoque les États de Bretagne, émet un monnayage à son nom[6].

Parmi ses poètes de cour, il faut rappeler l'humaniste italien Fauste Andrelin de Forlì.

médaille d'Anne de Bretagne réalisée pour son passage à Lyon en 1499

Trois jours après la mort de son époux, le principe du mariage avec Louis XII est acquis[7], à la condition que Louis obtienne l'annulation de son mariage avant un an. Elle retourne pour la première fois en Bretagne en octobre 1498, après avoir échangé une promesse de mariage avec Louis XII à Étampes le 19 août, quelques jours après le début du procès en annulation de l’union entre Louis XII et Jeanne de France[8].

Le contrat de son troisième mariage, en 1499 est conclu dans des conditions radicalement différentes du second. À l'enfant vaincue a succédé une jeune reine douairière et duchesse souveraine désormais incontestée, en face de qui l'époux est un ancien allié, ami et prétendant. Contrairement aux dispositions du contrat de mariage avec Charles VIII, le nouveau lui reconnaît l'intégralité des droits sur la Bretagne comme seule héritière du duché et le titre de duchesse de Bretagne. En revanche, le pouvoir régalien en Bretagne est exercé par Louis XII, qui prend alors le titre de duc consort, quoique les décisions soient prises au nom de la duchesse. Anne vit à Blois où la présence de la duchesse de Bretagne est partout signée. Elle fait édifier le tombeau de ses parents en la cathédrale de Nantes (où son cœur reviendra également selon ses dernières volontés) avec les symboles des 4 vertus : prudence, force, tempérance, justice, qu' elle aura toujours essayé de porter. Tous les arts italiens seront appréciés par cette reine de plus en plus cultivée. Durant la maladie de Louis XII elle fera son Tro Breizh et les bretons peuvent lui savoir gré d'avoir aussi longtemps que possible, maintenu les impôts seulement sur les états, les octrois sur les pays et les jugements également sur les pays.

Leur fille Claude de France, héritière du duché, est fiancée à Charles de Luxembourg en 1501, pour faciliter la conduite de la 3e guerre d’Italie en renforçant ainsi l’alliance espagnole, et pour convenir au dessein d'Anne de lui faire épouser le petit-fils de son premier mari Maximilien d'Autriche. Ce contrat de mariage est signé le 10 août 1501 à Lyon par François de Busleyden, archevêque de Besançon, Guillaume de Croÿ, Nicolas de Rutter et Pierre Lesseman, les ambassadeurs du roi Philippe Ier de Castille le Beau, père de Charles de Luxembourg. Les fiançailles sont annulées quand l’absence d’un dauphin, qui aurait hérité de la Bretagne, fait craindre un encerclement plus complet du royaume. C’est désormais au futur François Ier que sa fille est fiancée. Anne refusera jusqu'au bout ce mariage, qui aura lieu quatre mois après sa mort, et tentera de revenir à l'alliance matrimoniale avec le futur Charles Quint. C'est à ce moment qu'elle commencera son « tour de Bretagne », visitant bien des lieux qu’elle n’avait jamais pu fréquenter enfant. Ses vassaux la reçoivent fastueusement et elle se fait connaître du peuple à l'occasion de festivités, de pèlerinages et d'entrées triomphales dans les villes du duché.

Généalogie

Ascendance

COA fr BRE.svg Jean IV
(1339-1345-1399)
 
Jeanne de Navarre
(1370-1437)
 
 
 
 
 
 
 
 
Blason Richard d'Etampes.svg Richard (1395-1438)
Comte d'Étampes
 
Marguerite d’Orléans Gaston IV de Foix-Béarn
 
Éléonore de Navarre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marguerite de Bretagne
(1443-1469)
 
 
COA fr BRE.svg François II
(1433-1458-1488)
 
 
 
 
Marguerite de Foix
(-1486)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Blason famille fr Chalon Orange.svg Jean de Chalon
(1443-1502)
Anne de Bretagne
(1477-1514)
Isabeau de Bretagne
(1478-1490)
Article détaillé : Guerre franco-bretonne (1489-1491).

Descendance

Tombeau de Charles-Orland et Charles, à la cathédrale Saint-Gatien de Tours.

De son mariage avec Charles VIII elle eut :

Des huit enfants issus de son deuxième mariage (avec Louis XII), seules survécurent :

Sépulture

Reliquaire du cœur d’Anne, musée Dobrée, Nantes.
Tombeau de Louis XII et d’Anne de Bretagne à la basilique de Saint-Denis.

La reine Anne de Bretagne est inhumée dans la basilique et nécropole royale de Saint-Denis. Ses funérailles sont d’une ampleur exceptionnelle : elles durent quarante jours, et inspirent toutes les funérailles royales jusqu’au XVIIIe siècle.

Selon sa volonté, son cœur a été placé dans un reliquaire en or rehaussé d’émail puis transporté à Nantes en grande pompe pour être déposé, le 19 mars 1514, en la chapelle des Carmes, dans le tombeau de François II de Bretagne qu’elle a fait réaliser pour ses parents et transféré plus tard à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes.

Le reliquaire du cœur de la duchesse Anne de Bretagne est une boîte ovale, bivalve, en tôle d’or repoussée et guillochée, articulée par une charnière, bordée d’une cordelière d’or et sommée d’une couronne de lys et de trèfles. Ce précieux vaisseau est cerné d’inscriptions en lettres d’or rehaussées d’émail vert, bleu, rouge, à la gloire du cœur d’Anne. On peut y lire ces inscriptions :

Sur l’une des faces extérieures : Sur l’autre :

« En ce petit vaisseau
De fin or pur et munde
Repose ung plus grand cueur
Que oncque dame eut au munde
Anne fut le nom delle
En France deux fois royne
Duchesse des Bretons
Royale et Souveraine.
  C
M V XIII »

« Ce cueur fut si très hault
Que de la terre aux cyeulx
Sa vertu libérale
Accroissoit mieulx
Mais Dieu en a reprins
Sa portion meilleure
Et ceste terrestre
En grand deuil nous demeur. »

Sur le revêtement intérieur en émail blanc, on grava d’un côté : Et de l’autre :

« O cueur caste et pudicque
O juste et benoît cueur
Cueur magnanime et franc
De tout vice vainqueur. »

« Cueur digne entre tous
De couronne céleste
Ore est ton cler esprit
Hord de paine et moleste. »

Il fut exécuté par un orfèvre anonyme de la cour de Blois, peut-être dessiné par Jean Perréal.

En 1792, pour répondre à une instruction de la Convention nationale, le reliquaire fut exhumé, vidé, saisi puis, au titre de la collecte des métaux précieux appartenant aux églises, envoyé à la Monnaie de Nantes pour y être fondu. Transféré à la Monnaie de Paris comme joyau remarquable, il fut déposé au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. Il fut rendu à Nantes en 1819 aux Musées départementaux de Loire-Inférieure (actuellement Loire-Atlantique) : au musée d’Archéologie de l’Oratoire à partir du 25 juin 1886, au Musée Dobrée depuis le 18 avril 1896, et prêté au château des ducs de Bretagne en 2007 le temps d’une exposition sur Anne.

Ses emblèmes

Anne avait hérité de ses prédécesseurs les emblèmes dynastiques bretons : hermine passante (de Jean IV), d'hermine plain (de Jean III), cordelière (de François Ier).

Elle fit usage aussi de son chiffre, la lettre A couronnée, de la devise Non mudera (je ne changerai pas), et d'une forme particulière de la cordelière paternelle, nouée en 8. Ses emblèmes furent joints dans la décoration de ses châteaux et manuscrits avec ceux de ses maris : l'épée enflammée pour Charles VIII et le porc-épic pour Louis XII.

On retrouve son blason dans de nombreux lieux où elle est passé ou lié à ses fonctions (principalement de duchesse ou de reine) :

Sa bibliothèque

La reine possédait sa propre bibliothèque contenant une cinquantaine d’ouvrages sur la religion, la morale, l’histoire, etc.[12]. On y trouve notamment des Livre d'heures (les Grandes Heures, les Petites Heures, les Très Petites Heures, les Heures, inachevées), la Vie de sainte Anne, les Vies des femmes célèbres de son confesseur Antoine Dufour, la Dialogue de vertu militaire et de jeunesse française[13]. Le Livre d’heures d’Anne de Bretagne, illuminé par Jean Poyer, est commandé par Anne pour Charles-Orland[14], etc.

Une partie venait de ses parents. Elle en a commandé elle-même plusieurs et quelques-uns lui ont été offerts. Enfin, ses deux maris possédaient aussi des nombreux ouvrages (environ un millier sont ramenés suite à la première guerre d’Italie).

Elle a elle-même écrit de nombreuses lettres.

Ses Grandes Heures

Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne est un livre de prières commandité par Anne de Bretagne à l'enlumineur Jean Bourdichon.

Postérité

Représentations d’Anne de Bretagne

Statue d’Anne de Bretagne dans la série Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg à Paris (XIXe siècle).

De son vivant, les propagandes royales de Charles VIII puis de Louis XII ont présenté Anne de Bretagne en reine parfaite, symbole de l’union et de la paix entre le royaume de France et le duché de Bretagne. L’Autriche de Maximilien, évincée du mariage, a porté un autre regard sur ces événements. Au cours des siècles, les historiens et l’imaginaire populaire ont présenté une Anne de Bretagne parfois différente, lui attribuant des actes ou des caractéristiques physiques et psychologiques qui ne sont pas nécessairement attestés par des éléments historiques.

Autres références à Anne de Bretagne

Le cinq-centième anniversaire du mariage d'Anne de Bretagne et de Charles VIII de France fut célébré en 1991 à Langeais.

Popularité d'Anne de Bretagne en Bretagne

Dernière duchesse de Bretagne et deux fois reine de France, Anne de Bretagne est le personnage historique le plus populaire de Bretagne, si l'on met à part saint Yves. Nombre de noms de rues, lieux et bâtiments portent son nom :

Hors de Bretagne :

  • à Blois
    • Bains de la Reine dénommés aussi pavillon d'Anne de Bretagne, classé aux monuments historiques[16]
    • Hôtel Anne de Bretagne
  • Hôtel de la Duchesse Anne à Langeais, Lourdes, à Mount Tremper (près de Woodstock, État de New York, États-Unis).
  • Chocolaterie La Duchesse Anne à Saumur
  • Maison, rue et centre commercial Anne de Bretagne à Lesneven où elle y séjourna quelques jours lors de son pèlerinage au Folgoet (Duchesse Anne)
  • Maison, fondée en 1947 à Montfort-l'Amaury, agence immobilière. Agence de la Duchesse-Anne

Sites historiques

  • Le château de Langeais, en Touraine, où une pièce dans le château met en scène le mariage d'Anne de Bretagne et de Charles VIII.
  • Le château des ducs de Bretagne, à Nantes est conçu comme une forteresse dans le contexte de la lutte pour l'indépendance du duché de Bretagne. Le système défensif du château est composé de sept tours reliées par des courtines et un chemin de ronde. Depuis le début des années 1990, la ville de Nantes a mis en œuvre un programme de restauration et d'aménagement de grande envergure pour mettre en valeur ce site patrimonial en plein centre ville, emblématique de l'histoire de Nantes et de la Bretagne. L'édifice restauré accueille le musée d'histoire de Nantes installé dans 32 salles.
  • Le manoir de la vicomté, dit « Le Bailliage » à Montreuil-l'Argillé (Eure) datant du XVe siècle est, depuis 1949 inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Le manoir aurait été un pavillon de chasse propriété d'Anne de Bretagne et de Louis XII[réf. nécessaire].

Anecdote

En 1505, la reine Anne fit cadeau de trois couronnes de mariages :

  • une couronne d'or à la collégiale de Guérande,
  • une couronne d'argent à la paroisse de Saillé (commune de Guérande)
  • une couronne de bronze doré à la paroisse de Trescallan (ancienne paroisse de Guérande aujourd'hui sur la commune de La Turballe)

Cette dernière est classée aux monuments historiques[18],[19].

Annexes

Notes

  1. En ancien style, l’année commençait à Pâques.
  2. Yolande Labande-Mailfert, dans Charles VIII et son milieu (1470-1498) - La jeunesse au pouvoir (1975) montre en effet que le camp royal a été long à se décider au mariage breton, qui lui faisait abandonner le mariage bourguignon
    Voir aussi Dominique Le Page et Michel Nassiet. L’Union de la Bretagne à la France. Morlaix : Éditions Skol Vreizh, 2003. ISBN 2-911447-84-0

Références

  1. Sophie Cassagnes-Brouquet, Un manuscrit d'Anne de Bretagne : Les vies des femmes célèbres d'Antoine Dufour, Ouest-France, septembre 2007, 251 p. (ISBN 978-2-7373-4029-1), p. 19.
    Contient des extraits du manuscrit conservé au Musée départemental Dobrée à Nantes.
     
  2. Dominique Le Page et Michel Nassiet. op. cit. p 102
  3. Dominique Le Page et Michel Nassiet. op. cit. p 105 et suivantes
  4. Dominique Le Page et Michel Nassiet. op. cit. p. 108 et suivantes
  5. Georges Minois. Anne de Bretagne. p. 359
    Le Boterf p. 148
  6. Anne, reine de France et duchesse de Bretagne. Philippe Tourault, p. 196
  7. Didier Le Fur. Louis XII : un autre César ?. Paris : Perrin, 2001. p 38
  8. Didier Le Fur. Louis XII : un autre César ?. Paris : Perrin, 2001. p. 48 : il débute le 26 septembre
  9. Notice no IM72000430, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  10. Notice no IM10000569, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  11. Notice no IM91000355, sur la base Palissy, ministère de la Culture
  12. Les livres manuscrits d'Anne de Bretagne, Jean-Luc Deuffic.
  13. Sophie Cassagnes-Brouquet, Un manuscrit d'Anne de Bretagne : Les Vies des femmes célèbres d'Antoine Dufour, Ouest-France, septembre 2007, 251 p. (ISBN 978-2-7373-4029-1), p. 19-20.
    Contient des extraits du manuscrit conservé au Musée départemental Dobrée à Nantes.
     
  14. Heures d’Henri VIII, livre de prières d'Anne de Bretagne, visible sur le site de la Morgan Library.
  15. L'opéra Rock d'Anne de Bretagne
  16. Notice no PA00098335, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  17. Notice no PA00087549, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  18. Notice no PM44000568, sur la base Palissy, ministère de la Culture
  19. Notice no IM44000191, sur la base Palissy, ministère de la Culture

Bibliographie

Sources contemporaines à Anne de Bretagne

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Récit des funérailles d'Anne de Bretagne, par Bretaigne (Pierre Choque)

Sources modernes

  • Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, tome LV, 1978. Volume consacré à Anne de Bretagne.
    • B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, « Anne de Bretagne. Réponse à quelques contestations », p. 5-16 ;
    • Y. Labande-Mailfert, « Le mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII, vu par Erasme Brasca », p. 17-42 ;
    • M. Jones, « Les manuscrits d'Anne de Bretagne, reine de France, duchesse de Bretagne », p. 43-82 ;
    • J. Bréjon de Lavergnée, « L’Emblématique d’Anne de Bretagne, d’après les manuscrits à peintures (XVe-XVIe siècle) », p. 83-96 ;
    • A.-P. Segalen, « Esquisse d’un état des recherches sur "Anne de Bretagne et la littérature de son temps" (1477-1514) », p. 97-110.
  • Philippe Tourault, Anne de Bretagne, Paris 1990, 1996, 2004, 2006.
  • Geneviève-Morgane Tanguy., Les Jardins secrets d’Anne de Bretagne, F. Sorlot—F. Lanore, 1991
  • Collectif d’universitaires des universités de Brest, Nantes, Rennes, Toute l’histoire de Bretagne, dans l’Île de Bretagne et sur le continent, ouvrage in--8 °, 800 pages, éditions Skol- Vreizh, Morlaix 1996
  • Georges Minois, Anne de Bretagne, Édition Fayard, Paris, 1999, ISBN 2-213-60334-0.
  • Geneviève-Morgane Tanguy, Sur les pas d’Anne de Bretagne, Éditions Ouest-France, 2003, ISBN 2-7373-3107-2 (ISBN 978-2-7373-4286-8, réédition 2007).
  • Collectif, Pour en finir avec Anne de Bretagne, Archives départementales, Nantes 2004
  • Didier Le Fur, Charles VIII, Paris, éd. Perrin, 2006, 570 p., ISBN 2-85023-103-7.
  • Collectif, Anne de Bretagne, une histoire, un mythe, Catalogue de l’exposition organisée au château des Ducs de Bretagne, musée d’histoire de Nantes, (juin 2007), Éditions Somogy.

Annexes

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Articles connexes

Liens externes

Voir aussi

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1488-1514
Claude de France
Charlotte de Savoie
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Reine de France
1491-1498
Jeanne de France
Jeanne de France
Reine de France
1499-1514
Marie d'Angleterre



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