Anne (protevangile)

Anne (protévangile)

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La Trinité mariale - Anne, Marie, Jésus - de Masolino et Masaccio
Sainte Anne apprenant la lecture à sa fille Marie
La sainte Anne trinitaire de Léonard de Vinci

La Bible ne mentionne pas sainte Anne (hébreu : Hannah). Selon plusieurs Évangiles apocryphes écrits entre les deuxième et sixième siècles, le protévangile de Jacques et le Pseudo-Matthieu, elle serait la mère de la Vierge Marie et donc la grand-mère de Jésus-Christ.

L'Église de l'Orient a peu ou prou accepté ces récits, tout en les élaguant d'épisodes qui semblaient fantaisistes. Beaucoup de saints orientaux ont magnifiquement prêché sur sainte Anne, tels saint Jean Damascène, saint Épiphane, saint Sophrone de Jérusalem...

Sainte Anne est la sainte patronne de Florence, d'Innsbruck, de Naples, de la Bretagne et de la province de Québec. Elle assure sa protection aux tourneurs, sculpteurs, orfèvres, fabricants de balais et de gants, bonnetiers, couturières, lavandières, blanchisseurs, cardeurs, chiffonniers, navigateurs et mineurs[1].

Sommaire

Vie

La vie de sainte Anne fut inspirée par celle d'Hannah et son fils, le prophète Samuel dans l'Ancien Testament. Après un mariage de vingt ans sans enfants avec Joachim (hébreu : Jojakim), Anne enfanta de Marie. Selon la tradition, ils avaient fait un vœu et menèrent Marie lorsqu'elle avait trois ans au temple à Jérusalem pour qu'elle y fût éduquée.

La Légende dorée[2] relate précisément la postérité de sainte Anne d'avec son second époux, Cléophas, frère de Joachim (leur fille, Marie Jacobé, épousa Alphée et ils eurent comme fils : Jacques le Mineur, Joseph le juste, Simon le Zélote et Jude), et celle d'avec son troisième époux Salomé (leur fille, Marie Salomé, épousa Zébédée et ils eurent comme fils : Jacques le majeur et saint Jean l'évangéliste).

Culte

En 550, on construisit une église à Constantinople en l'honneur de sainte Anne. La fin du Moyen Âge vit l'apogée de son culte, ce qu'on peut voir par exemple dans la multitude des statues montrant Anne, Marie et l'enfant Jésus, appelées « trinités mariales », par opposition à la sainte Trinité. En 1481, le pape Sixte IV fit ajouter la fête solennelle de sainte Anne au calendrier. En 1584, le pape Grégoire XIII fixa sa fête solennelle au 26 juillet et officialisa son culte. Mais l'Église interdit la représentation des trinités mariales pour éviter la confusion avec la Trinité au sens théologique.

La « grand-mère des Bretons »

En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonévez-Porzay[3]. Anatole Le Braz publie un récit[4] dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l'ange l'amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard, Marie épouse Joseph et devient la mère du Christ. Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribue ses biens aux pauvres. Toujours selon cette légende, le Christ vient lui rendre visite, accompagné de ses disciples Pierre et Jean, et lui demande sa bénédiction, avant de retourner en Terre sainte. Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douarnenez. Celle-ci, installée près de l'endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud. Le Grand Pardon qui, depuis l'antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d'août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d'Armorique.

Mais ceci n'est qu'une légende. Une autre légende nous dit bien que sainte Anne était la mère de Marie, grand-mère de Jésus et épouse de Joachim. Si son corps avait effectivement disparu, elle serait apparue à un paysan, Yves Nicolazic, en 1624 près d'Auray en Morbihan. Nicolazic, décrit par nombre d'historiens[réf. nécessaire] comme alcoolique en proie à des hallucinations, reste encore, aujourd'hui (2007), le seul à l'avoir « vue ». Elle lui a demandé la construction d'une chapelle en son honneur, en ce lieu du village de Ker-Anna (qui en breton signifie Le village d'Anne) devenu champ qui la louait autrefois. Le 7 mars 1625, pour preuve de cette apparition, Nicolazic déterre aux vues de tous une statue qui, après avoir été discrètement resculptée par les moines capucins locaux, sera reconnue comme celle de la sainte. Sous la pression de ces mêmes moines capucins, l'évêque de Vannes, après de nombreuses manœuvres dilatoires, autorise le culte de la sainte et la construction de la chapelle devenue basilique au fil des ans.

Le lieu a pris le nom de Sainte-Anne-d'Auray, sainte Anne est devenue patronne des Bretons et le pardon qui s'y déroule chaque année est le plus important de Bretagne, 3e lieu de pèlerinage en France après Lourdes et Lisieux.

En 1996, à l'initiative de l'évêque en place Mgr Gourvès, le pape Jean-Paul II est venu la prier dans son sanctuaire breton. Il est le premier pape à avoir foulé le sol de Bretagne.

La sainte est fréquemment représentée enseignant la lecture à sa fille Marie.

Sa popularité chez les Bretons est généralement expliquée par la rémanence de l'antique déesse celtique Dana.

Représentation artistique

Bibliographie

  • (br)Job an Irien et Y.P. Castel, Sainte Anne et les Bretons - Santez Anna, Mamm goz ar Vretonned, éditions Minihi Levenez, ouvrage bilingue breton-français, 1996, (ISBN 2-708230-07-0).

Notes et références

  1. Rosa Giorgi, trad. de l'italien par D. Férault, Les Saints, éditions Harzan, coll. « Guide des arts », page 25, Paris, 2003, (ISBN 2-85025-856-3).
  2. La Légende dorée, édition de la Pléiade, p. 730
  3. Gwenc’hlan Le Scouëzec, Guide de la Bretagne (page 457), Coop Breizh, Spézet, 1997, (ISBN 2-84346-026-3).
  4. Anatole Le Braz, Magies de la Bretagne (tome 1 - Le Pardon de la mer, page 1088), Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1994,(ISBN 2-221-07792-X).
  5. [1]

Articles connexes

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