Animaux dans le Proche-Orient ancien

Le Proche-Orient ancien offre un intérêt particulier pour l’étude du monde animal et de ses interactions avec l’espèce humaine, dans la mesure où c’est dans cette espace qu’apparaissent les premiers cas de domestication d’animaux (à partir du XIIe et surtout du IXe millénaires av. J.-C), et les premiers textes relatifs aux rapports entre hommes et animaux (dans la seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C.), qui portent un éclairage plus profond sur des relations déjà documentées pour les périodes postérieures par des restes archéozoologiques, artefacts et représentations figurées. Ce sont ces diverses sources qui nous permettent d’étudier ce sujet, profondément renouvelé ces dernières années par diverses recherches, aussi bien en archéozoologie que sur les aspects symboliques des relations hommes/animaux.

Liliane Bodson a proposé une typologie des rôles et fonctions des animaux dans l’Antiquité[1] :

  • des rôles matériels et pratiques (fourniture de produits et prestations de services) ;
  • des fonctions socio-affectives ;
  • des rôles dans la pensée sociale et symbolique (les connaissances relatives au monde animal, et les utilisations symboliques des animaux).

Ces différents points permettent d’aborder le monde animal sous ces différents aspects, avant tout dans ses relations avec l’être humain. Il s’agit donc en premier lieu de voir les animaux par l’approche zoologique, avant de s’intéresser aux divers aspects des interactions entre animaux et humains, du matériel au symbolique.

Poids en forme de lion, bronze, Suse, époque achéménide, VIe-IVe siècle.

Sommaire

Les animaux du Proche-Orient ancien

Le sud-ouest asiatique est une vaste zone zoologique de transition, assurant la liaison entre différents espaces continentaux (Europe, Asie, Afrique). Les espèces attestées vont de celles caractéristiques du monde tempéré au nord, jusqu’au monde subtropical à l’extrême sud. En l’absence de grand changement naturel, c’est le développement de sociétés complexes dans le Proche-Orient durant la période protohistorique qui a apporté des changements dans le monde animal de cette région, lors du processus de « néolithisation »[2], qui voit les premières expériences de domestication des animaux, qui entraînent une coupure entre animaux domestiqués et animaux non domestiqués.

Les animaux domestiques

Le processus de domestication

Article détaillé : Domestication.

Selon D. Helmer, la domestication peut être définie comme « le contrôle d'une population animale par l'isolement du troupeau avec perte de panmixie, suppression de la sélection naturelle et application d'une sélection artificielle basée sur des caractères particuliers, soit comportementaux, soit culturels. Les animaux deviennent la propriété du groupe humain et en sont entièrement dépendants »[3]. Elle se distingue de l'apprivoisement, qui ne concerne qu'un seul individu d'une espèce sauvage.

Le processus de domestication des animaux n'est pas aisé à identifier[4]. Il débute au Néolithique, après les premières expériences de domestication d'espèces végétales[5]. Les recherches en archéozoologie (trouvailles de restes d'animaux sur des sites archéologiques) permettent de mieux connaître ce phénomène. Il s'agit d'étudier si un animal est plus présent qu'un autre, ce qui peut indiquer qu'on l'a domestiqué (mais ce peut être un exemple de chasse sélective), si son anatomie a été modifiée par la domestication[6]. Identifier la date d'une première domestication est donc compliqué, mais vu qu'il s'agit de périodes très reculées, la datation est de toute manière très vague. Identifier un lieu ou une région de domestication est également une tâche difficile, dans la mesure où une nouvelle découverte peut rapidement modifier nos connaissances. De plus, on tend à penser qu'il a pu exister plusieurs foyers de domestication pour certaines espèces, même à l'échelle du Moyen-Orient[7]. La domestication est donc un processus complexe, long, progressif, mais cohérent : la domestication des ongulés est effectuée sur en gros un millénaire, ce qui illustre bien le fait que les sociétés d'alors ont été en mesure d'employer les mêmes techniques pour domestiquer plusieurs animaux facilitant leur mode de vie[8]. Les espèces domestiquées sont souvent des espèces très chassées auparavant, et on présume que la domestication a pu être précédée d'une chasse spécialisée voire sélective[9], privilégiant un certain type de gibier, dont les déplacements ont progressivement été organisés, de même que l'alimentation, les lieux de reproduction, sur un territoire précis. Mais une espèce très chassée comme la gazelle n'a jamais été domestiquée. La domestication a pu également se produire après la capture d'animaux, que les groupes humains ont continué à contrôler.

Les raisons de la domestication des animaux ont donné lieu à plusieurs hypothèses, qui rejoignent celles ayant été développées pour expliquer la « révolution néolithique ». Une idée répandue est que la domestication est une conséquence du réchauffement du climat après la fin de la dernière période glaciaire, provoquant une diminution des ressources disponibles pour les groupes humains (plantes et animaux), qui auraient alors cherché à contrôler celles-ci pour s'assurer une meilleure utilisation. Mais elle semble de moins en moins probable[10]. Les animaux n'ont pas forcément été domestiqués pour leur viande, car la chasse semble rester le moyen le principal pour en obtenir jusque vers le VIIIe millénaire, même si la viande a ou la graisse des animaux élevés ont pu permettre d'équilibrer le régime alimentaire des premiers agriculteurs, de même que le lait[11]. Selon les approches récentes, il faut peut-être replacer la domestication des animaux dans un contexte qui voit l'homme changer ses conceptions vis-à-vis de la nature, et se rendre compte qu'il peut chercher à la contrôler, à la dominer[12]. Cela rejoint les théories développées par J. Cauvin, qui fait du Néolithique une période de « révolution des symboles »[13].

La domestication est indissociable d'un processus de sélection des espèces par les hommes. Les animaux domestiqués ne sont pas des concurrents alimentaires potentiels pour les hommes, excepté le chien (ou le chat, peu attesté dans le Proche-Orient ancien), qui joue lui le rôle spécifique de compagnon des humains. La sélection précède la domestication, et elle se poursuit après, l'homme contrôlant la reproduction des bêtes. Sur le long terme, cela entraîne des modifications des espèces domestiquées, notamment morphologiques et anatomiques (par exemple la perte de cornes par les moutons), et leur éclatement en plusieurs races.

Les animaux domestiques du Proche-Orient ancien

Statuette en bronze représentant un taureau, Mésopotamie, IIIe millénaire.

Le premier animal domestiqué[14] est le chien, sans doute dès la fin du paléolithique : on trouve des chiens enterrés avec des hommes à partir de la période natoufienne (12000 - 10000), à Mallaha et Hayonim au Levant)[15]. Le lieu géographique de sa domestication fait l'objet de débats, et rien ne permet d'affirmer qu'il ait été domestiqué au Proche-Orient. Le fait qu'il ait été le premier animal domestique, dans une société antérieure au Néolithique ne pratiquant pas l'agriculture et peu sédentarisée le place dès les débuts à part des autres animaux dans sa relation avec l'homme.

Le Néolithique est la grande période de domestication d'animaux, avec les quatre types d'ongulés qui fournissent par la suite l'essentiel des animaux domestiques de la région[16]. Le phénomène se fait donc sur quelques siècles, et est centré sur la région du Taurus et du nord du Levant, avec une diffusion rapide vers le sud du Levant et vers le Zagros à l'est. La chèvre est la première à apparaître vers 8000, suite à la domestication du bouc vivant dans les terrains hauts allant de l'Anatolie au Pakistan[17]. Cet animal aurait pu être domestiqué dans plusieurs foyers vers une même période : la région du Taurus et la Syrie (Abu Hureya), et dans le Zagros (Ganj-i Dareh). Le mouton est domestiqué à partir du mouflon, vivant dans les régions sèches de l'Anatolie orientale et du nord de l'Iraq et de l'Iran actuels, au plus tard au VIIe millénaire au nord du Levant et dans la Djezireh[18]. Les premiers bovins sont domestiqués vers la même période, sans doute dans le Taurus[19]. L'auroch est à l'origine des bovins domestiques les plus courants (Bos taurus : vaches, bœufs, taureaux). Le cochon est domestiqué vers la même période, à partir du sanglier sauvage, dans le nord du Levant et le Taurus, et se retrouve rapidement sur des sites du sud du Levant et du Zagros[20].

D'autres animaux furent domestiqués ultérieurement. Des buffles domestiques sont attestés en Mésopotamie à l'époque historique[21]. Les équidés domestiqués au Proche-Orient sont les ânes, issus de l'onagre (ou hémione), au IVe millénaire av. J.-C., dans le Moyen-Orient de la période d'Uruk et en Égypte[22]. Les chevaux apparaissent dans les sources mésopotamiennes et syriennes vers la fin du IIIe millénaire et le début du IIe, et leur utilisation se répand dans la seconde moitié du IIe millénaire. Les premières traces de chat dont la condition domestique ne fait pas de doute remontent à l'Égypte du Moyen Empire, mais cet animal a peut-être été domestiqué bien avant, comme le montre la découverte d'une sépulture d'un chat à Chypre remontant au VIIIe millénaire[23]. Il reste peu présent dans les sources du Proche-Orient ancien, à la différence de l'Égypte antique. Le dromadaire est domestiqué vers le milieu du IIIe millénaire ou au début du suivant, sans doute en Arabie, et il se répand au Proche-Orient au Ier millénaire. Le chameau de Bactriane est sans doute domestiqué vers la même époque, mais son histoire antique est très mal connue[24].

Quant aux volailles, on sait désormais que la poule est domestiquée en Asie orientale vers 6000, et est attestée en Mésopotamie au IIIe millénaire[25]. Concernant les pigeons, oies, colombes et canards, attestés très tôt autour des habitats néolithiques, il n'y a pas suffisamment de sources pour savoir s'ils étaient élevés couramment, et donc si certains avaient été réellement domestiqués. Les traces claires de leur élevage se trouvent au Ier millénaire[26]. Les abeilles sont un cas de figure identique. Leur miel est probablement exploité très tôt durant la préhistoire, mais l'homme ne cherche à les contrôler qu'à partir du IIIe millénaire, en Égypte. On trouve une mention de l'apiculture dans les Lois hittites[27].

Les animaux sauvages

Parmi les ongulés non domestiqués[28], les hippotragues sont surtout représentés par les oryx, divisés en deux sous-espèces dans le Proche et le Moyen Orient (scimitar et arabe). Les antilopinés (gazelles) sont divisés en diverses espèces vivant dans les biomes arides et semi-arides de l'Afrique du Nord jusqu'à l'Asie centrale et l'Inde. On remarque qu’elles sont beaucoup chassées par les sociétés du Natoufien : s’agit-il d’une chasse sélective, ou d’une pré-domestication qui n’a pas abouti ? Les caprinés non domestiqués comprennent le bouquetin (ibex), le bouc, ou encore le mouflon. Les bovinés sauvages (auroch, bison) vivant dans les régions basses du Proche et du Moyen-Orient durant l'Antiquité ont disparu aujourd'hui.

Statuette en bronze représentant un cerf, Alacahöyük (Turquie), fin du IIIe millénaire.

Les cervidés sont présents dans les terrains végétaux, ouverts, tempérés. Trois espèces sont indigènes au Proche et Moyen Orient : le cerf, aujourd’hui présent en Turquie, au Caucase, et dans le nord de l'Iran ; le chevreuil, le plus petit du groupe, vivant aux mêmes endroits ; et le daim, de taille moyenne, divisé en deux sous-espèces vivant dans deux zones différentes (européenne/anatolienne et mésopotamienne/perse).

On trouvait également un type d'éléphant syrien, dans les terres basses et forêts ouvertes de Syrie et même d'Iran, jusqu’au début du Ier millénaire. Il était apparemment proche de l’éléphant asiatique, si l’on se fie aux représentations dont on dispose. Des hippopotames vivaient encore au sud du Levant jusqu'au Ier millénaire.

Les carnivores les plus importants non domestiqués sont les loups. D'autres canidés non domestiqués étaient présents : des chacals, ainsi que diverses espèces de renards. Parmi les félins, le chat sauvage eurasiatique est sans doute le plus répandu. Des lions vivaient durant l'Antiquité dans les régions basses du Proche-Orient ; on n'en trouve plus de nos jours. Le tigre de la Caspienne vivait au nord de l'Iran et en Afghanistan, jusqu'au début du XIXe siècle. On trouve toujours des léopards dans des régions montagneuses et collinaires du Proche-Orient. L’ours brun est également un des résidents des forêts de l’Asie du sud-ouest.

On dispose de peu de renseignements sur les rongeurs et chauves-souris, pourtant les mammifères les plus nombreux en individus. Certains rongeurs émergent avec la sédentarisation, la mise en place de l'économie agricole : la souris domestique apparaît au Natoufien en Palestine, à partir de souris sauvages. La souris épineuse est très courante dans les régions sèches. On trouvait également des castors, aujourd’hui en voie de disparition avec le recul de la forêt.

Il faut également mentionner les mammifères marins : phoque de la Caspienne, phoque moine de la Méditerranée ; le dugong dugon se rencontre dans le Golfe Persique[29], et parfois dans la Mer Rouge ; les cétacés également, les dauphins sont beaucoup mentionnés dans les sources antiques (en Méditerranée, Mer Rouge, Golfe Persique).

Boîte à fard en forme de canard, XIIIe siècle av. J.-C., Minet el-Beida (Syrie).

Parmi les oiseaux, il faut distinguer les espèces résidentes des espèces migrantes. Il a déjà été dit plus haut que rien ne démontre vraiment que le pigeon, l'oie ou la colombe aient été domestiqués, pas plus que le canard. On trouvait encore des autruches au Levant et en Arabie durant l'Antiquité. Beaucoup d'espèces migrantes survolent l'Eurasie pour aller hiverner au Proche-Orient, en Afrique du Nord ou en Asie du Sud.

Les insectes les plus mentionnés dans les textes du Proche-Orient ancien sont les criquets, notamment le criquet pèlerin, et les sauterelles[30], mais on trouve aussi mention des abeilles, papillons, libellules, mouches et autres moustiques. Plus de 70 espèces de scorpions sont répertoriées actuellement dans l'aire géographique concernée, et il devait en aller de même dans le passé. Les poissons sont peu représentés par l'archéologie, et également dans les textes. Des reptiles apparaissent dans certains textes, avant tout les serpents. Les gastropodes, notamment le murex, sont plus facilement identifiables par leurs restes. Notons enfin que les textes mésopotamiens font référence aux crustacés, notamment les crevettes[31].

Les animaux et les hommes : aspects matériels, pratiques et récréatifs

À partir du Néolithique, les sociétés humaines entreprennent de contrôler une grande partie des animaux qui leur sont potentiellement utiles, ce qui amène un grand changement dans les rapports entre hommes et animaux au quotidien, même si des formes antérieures peuvent subsister, comme la chasse ou la pêche. Avec l'affirmation de sociétés étatiques et de grands organismes capables de prendre en charge un grand nombre d'activités économiques à une échelle plus importante, le contrôle des animaux prend une nouvelle dimension. Cela permet aux hommes de disposer de produits issus d'animaux à diverses fins, mais aussi d'avoir de précieux auxiliaires pour les travaux ou les déplacements en des temps où les moyens techniques sont limités et où la force musculaire reste de loin la plus utilisée.

Disposer des animaux : chasse, pêche et élevage

Les hommes obtiennent les animaux sauvages par la chasse ou la pêche[32]. Ces activités, préexistant au Néolithique, peuvent être exercées par des individus isolés ou en groupes, travaillant pour leur propre compte ou bien celui des institutions. À moins qu'ils ne soient dans le dernier cas, les chasseurs et pêcheurs nous ont laissé très peu de traces, car les grands organismes sont les principaux pourvoyeurs de nos sources écrites. L'Epopée de Gilgamesh montre un chasseur utilisant des pièges pour capturer des animaux. Mais les chasseurs les plus mentionnés sont les rois, pour qui cette activité était valorisante, en tant que préparation à la guerre mais aussi pour des raisons symboliques (voir plus bas). De toute manière, la chasse est une activité secondaire pour fournir de l'alimentation à partir du IVe millénaire, et les grands organisme la délaissent donc. Les chasseurs du Proche-Orient ancien pouvaient chasser une grande variété d'animaux sauvages[33]. On est assez bien informés sur les pêcheurs des cours d'eau et marais du sud mésopotamien vers la fin du IIIe millénaire, parce que l'État contrôlait leurs activités[34] : ils sont organisés en groupes supervisés par un chef, qui leur distribue des rations de subsistance. Les textes mésopotamiens du IIe millénaire font clairement la différence entre les pêcheurs qui travaillent en mer, dans les marais, ou dans les terres. Ils pouvaient pêcher à la ligne, avec des hameçons, ou bien avec des filets et des naces.

Développée à partir du Néolithique, peut-être suite à une chasse « sélective » privilégiant certains animaux qu'on a par la suite commencé à domestiquer, l'activité d'élevage des animaux domestiques[35] (ou la simple « gestion » d'animaux comme les oiseaux de basse-cour ou les abeilles) est quant à elle beaucoup plus rentable et productive pour l'homme que la chasse ou la pêche, car elle organise le contrôle de toute la vie de l'animal (reproduction, croissance, déplacements, choix du moment propice pour l'abattage).

B. Hesse propose de distinguer trois formes d'élevage dans les sociétés du Proche-Orient ancien[36] :

  • Le nomadisme pastoral, qui est le fait de nomades ou semi-nomades évoluant généralement aux marges du monde sédentaire. Ils échappent souvent aux sources écrites et n'ont laissé quasiment aucune trace matérielle.
  • L'agro-pastoralisme, effectué dans le cadre de la communauté villageoise, avec un bétail en nombre réduit appartenant à des familles qui l'utilisent en complément des cultures, donc pour un but avant tout vivrier. La plupart des familles ne devaient posséder que quelques bêtes.
  • L'élevage des grands organismes (palais et temples) est le mieux connu car c'est celui qui a laissé le plus de sources écrites, essentiellement en Mésopotamie du sud. C'est dans ce cadre que l'on trouve le plus de têtes de bétail, comme l'attestent les archives du site de Puzrish Dagan sous la Troisième dynastie d'Ur, où des dizaines de milliers de bêtes sont recensées chaque année[37]. Les bêtes sont engraissées par des éleveurs spécialisés dans ce domaine, rétribués par le temple ou le palais, et surveillés par l'administration de l'institution. Ce système peut se superposer aux structures précédentes et les met parfois à contribution, par exemple quand des troupeaux sont confiés à des pasteurs nomades. Les grands organismes avaient en effet l'habitude de confier certaines de leurs bêtes à des bergers indépendants, qui devaient les élever tout en fournissant chaque année les nouveau-nés et certains produits (laine pour les moutons, tendons des bêtes mortes). Les bovins servant au travail agricole des temples ou palais étaient pour leur part nourris dans des parcs à bestiaux ou des étables, par des rations alimentaires en grains, comme les travailleurs humains.

Les ovins sont de loin les animaux qui sont les plus élevés, parce qu'ils se contentent de peu de nourriture, et peuvent s'adapter à de nombreux environnements climatiques[38]. Les chèvres sont moins présentes dans la documentation des grands organismes. Les bovins, bien que moins nombreux, sont probablement plus utiles, car en plus de fournir des aliments en grande quantité (viande et lait) et leur peau, ils constituent une force de travail non négligeable[39]. Ce sont eux qui ont le plus de valeur financière. Les textes distinguent souvent divers types d'animaux parmi une même espèce, en fonction de leur aspect, ou bien de leur origine géographique[40] : on trouve ainsi des moutons à queue grasse, de montagne, ou « amorrites », etc.

Écuyer conduisant des chevaux, bas-relief Dur-Sharrukin (Assyrie), VIIIe siècle.

L'élevage du cheval est celui qui a fait l'objet du plus d'attentions[41]. Cela est lié au fait que cet animal est d'une grande utilité pour les élites guerrières du Proche-Orient ancien. Les Kassites et les Hourrites semblent avoir joué un grand rôle dans le développement de l'art de l'élevage du cheval à partir du milieu du IIe millénaire. L'élevage du cheval a donné naissance à une littérature spécifique : des textes dits hippiatriques (médecine du cheval) retrouvés à Ugarit en Syrie[42], et des conseils pour bien dresser les chevaux prodigués par un spécialiste hourrite nommé Kikkuli, retrouvés dans un texte hittite[43]. Des textes administratifs d'autres sites contemporains (Assur, Nippur) montrent également tous les soins portés à l'élevage des chevaux par les élites des différents royaumes du Proche-Orient ancien.

Produits fournis par les animaux

Les animaux sont exploités pour les produits alimentaires qu'ils peuvent fournir aux hommes[44],[45]. La consommation de viande est occasionnelle pour la plupart des habitants du Proche-Orient ancien, et vient loin derrière celle des végétaux[46]. Elle est avant tout fournie par l'élevage à partir du IVe millénaire, la chasse devenant alors très secondaire. Il s'agit surtout de celle de moutons, mais aussi de caprins, de bovins et de porcs, voire de la volaille, et accessoirement d'animaux chassés comme les gazelles, les cerfs, les sangliers ou des oiseaux sauvages, voire certains types de souris. Les poissons se retrouvaient également au menu des anciens habitants du Proche-Orient, de même que certains crustacés, et des tortues. Certains insectes étaient également mangés (criquets, sauterelles), ce qui pouvait constituer un apport intéressant en protéines. La viande pouvait être consommée fraîche, mais pour la conserver longtemps il fallait la saler, la sécher ou la fumer. Des poissons et insectes pouvaient aussi être consommés en sauces. La graisse des porcs, et le sang de certains animaux entraient également dans la composition de certains plats. Les bovins et les caprins fournissaient également du lait, que l'on buvait, mais que l'on pouvait aussi transformer en beurre, babeurre, petit-lait ou en fromage, dont on connaît plusieurs variétés[47]. Les nomades, qui se livrent traditionnellement à l'élevage, avaient sans doute plus facilement accès à ces produits que la majorité des sédentaires. Les œufs des oiseaux domestiques et sauvages étaient également mangés. Le miel est un produit très prisé[27]. Si on consommait généralement les animaux dans un but alimentaire, parfois ils pouvaient rentrer dans la composition de produits médicinaux.

Les hommes élevaient et chassaient également des animaux pour se vêtir : laine des moutons, poils de chèvres, peaux d'animaux domestiques et sauvages[48],[45]. Ils avaient développé des techniques de traitement de ces matières premières : tannage des peaux pour en faire du cuir[49], teinturerie (parfois à l'aide de murex, qui permet d'obtenir une couleur pourpre qui est à l'origine du nom des Phéniciens[50]). Cela constituait une alternative à la confection de vêtements en lin. On fabriquait des sacs et des outres en cuir, ainsi que des harnachements pour les animaux, des éléments de mobilier ou d'armement. La fibre de laine et les poils d'animaux pouvaient également servir à confectionner des cordes et des fils. La graisse animale pouvait servir de lubrifiant dans l'artisanat (textile, métallurgie, charrerie). Les tendons animaux étaient utilisées en cordonnerie, pour la couture, voire la menuiserie. On fabriquait des objets en cornes de caprins, ovins, ou des gazelles, notamment des récipients. L'os est peu utilisé dans l'artisanat. En revanche, l'ivoire sert de matière première pour des objets de luxe : boîtes à fard, éléments de statuettes, de mobilier. On le prélève sur des hippopotames, des éléphants, et aussi des dugongs. Le fumier peut enfin servir de combustible, ou dans des constructions.

Services rendus par les animaux

Les animaux domestiques sont souvent des auxiliaires de travail pour les hommes. C'est pour cela qu'il semble que les Anciens divisaient les animaux entre ceux qui étaient productifs et ceux qui ne l'étaient pas (voir plus bas). Le chien, qui est le premier animal domestiqué, est ainsi très utile pour aider l'homme à la chasse, et aussi pour conduire les troupeaux, surveiller la maison. Des rapaces apprivoisés pouvaient également servir d'auxiliaires aux chasseurs, comme on le voit dans certains textes et sur des sceaux-cylindres[51]. Les équidés (d'abord les ânes et onagres, puis par la suite les chevaux) étaient des animaux de bât et de trait[25]. Ils étaient utilisés notamment pour tracter des chars. À partir du Ier millénaire, le dromadaire joue un rôle croissant comme animal de bât, grâce à sa grande capacité de résistance en environnement chaud et aride, ce qui permet aux hommes de prendre des routes plus longues à travers les déserts. Les bovins servent quant à eux comme animaux de traits de chariots, d'araires (qui peuvent aussi être tractés par des ânes), et peuvent être utilisés après la moisson pour le foulage des céréales moissonnées et ainsi séparer l'épi des grains[52].

La circulation des animaux

Les humains ont procédé à plusieurs déplacements d'animaux. Le cas des mouvements d'animaux domestiques depuis un foyer de domestication vers de nouvelles régions est celui qui prend le plus de temps, mais couvre le plus de distances. On peut ainsi mentionner le cas de la poule, domestiquée en Asie orientale vers 6000, introduite au Proche-Orient trois millénaires plus tard, et passée ensuite vers l'Occident[53]. Les animaux domestiqués au Proche-Orient ont évidemment été diffusés vers d'autres régions voisines.

Les animaux domestiques étaient parfois groupés en troupeaux qui effectuaient des déplacements pouvant être longs, pour éviter de rester dans les zones de cultures, et se diriger vers des zones de pâtures plus vastes, pour aller vers un climat meilleur. Les grands organismes engageaient des pasteurs nomades pour faire faire à leurs troupeaux ces déplacements. Quand les zones traversées étaient potentiellement dangereuses, les troupeaux étaient parfois accompagnées de soldats. Cela se repère dans les archives du temple d'Uruk au Ve siècle, qui dépêche des archers en plus des pasteurs pour escorter ses moutons qui vont paître vers la haute Mésopotamie, dans la région de Tikrit, où le climat est plus doux et les terres de pâtures plus abondantes[54].

Sous la Troisième dynastie d'Ur, l'État central organisait un vaste mouvement d'animaux domestiques mais aussi sauvages à l'intérieur de l'Empire, le système du BALA, attesté dans les sources de Puzrish-Dagan[55]. Les régions disposant de beaucoup de bétail en livraient à l'État à titre d'impôt, et ce dernier pouvait le rediriger vers une autre région de son territoire, notamment vers les grands centres de culte comme Nippur où les animaux pouvaient être donnés en sacrifice au grand dieu Enlil. Il a été évalué qu'environ 60 000 ovins faisaient l'objet de tels mouvements chaque année durant la fin du règne de Shulgi (2094-2047). Ce système était cependant exceptionnel et n'a duré que quelques années. Il est impossible de déterminer la part des échanges dans l'approvisionnement des communautés en bétail, les animaux étant probablement surtout élevés et utilisés localement[56] ? Seuls les plus aisés devaient être correctement approvisionnés par les institutions et avoir accès à des circuits d'échanges.

Les restes archéozoologiques et les textes montrent en tout cas que les animaux pouvaient circuler sur de grandes distances à certaines occasions. La viande devait être fumée, séchée ou salée pour circuler sur de grandes distances. Sinon, on pouvait faire voyager des animaux vivants (y compris des poissons), pour ensuite les abattre sur le lieu d'arrivée si on souhaitait les consommer. Des poissons du Golfe Persique ou de Méditerranée se retrouvent ainsi dans des sites de Haute Mésopotamie comme Tell Beydar, et des crevettes de mer en Assyrie.

Les animaux n'étaient pas forcément déplacés pour être consommés, ils pouvaient aussi l'être pour le bon plaisir des souverains, qui voulaient se constituer une collection d'animaux exotiques[57]. Pour cela ils avaient plusieurs moyens à leur disposition. D'abord la voie diplomatique. Le roi Zimri-Lim de Mari obtient ainsi un chat égyptien. Mais il y avait aussi des animaux offerts en tribut : les rois assyriens demandaient aux vaincus de leur offrir des animaux exotiques, quand ils ne capturaient pas eux-mêmes ces animaux au cours de leurs campagnes militaires.

Fonction récréative et affective

Assurbanipal en train de chasser un lion, bas-relief de Ninive, VIIe siècle.

Quand se pose la question de pratiques humaines récréatives avec des animaux, le problème est que les sources ne les mentionnent explicitement que rarement. Des animaux sauvages pouvaient prendre part à des fêtes organisées par les rois, notamment sous la Troisième dynastie d'Ur où se trouve la mention d'un ours montré[58].

En tout cas, il est clair que les animaux sauvages exotiques étaient très prisés par les grands souverains du Proche-Orient ancien, depuis ceux d'Akkad et d'Ur III jusqu'à ceux de l'Empire assyrien, comme on l'a vu plus haut. On connaît les grandes finalités de ces déplacements par les sources assyriennes : les chasses réalisées par les rois, rapportées par leurs Annales, ou les bas-reliefs d’un palais de Ninive montrant Assurbanipal chassant un lion[59]. Ces mêmes documents mentionnent la constitution de sortes de « zoos » dans les jardins royaux, regroupant des animaux exotiques. Mais cela nous est présenté avant tout dans un but de glorification de la figure royale, qui domine le monde animal, le maîtrise, l’ordonne. Certes, les rois et les autres participants ont pu prendre du plaisir à tout cela ; mais ce n’est pas pour nous rapporter une telle chose que les faits ont été mis en image et par écrit.

On n'en sait pas plus sur l'éventuelle présence d'animaux de compagnie, élevés pour le simple plaisir de leur maître, dans son intimité. Il n'y a pas assez de preuves démontrant l'existence d'un tel phénomène dans les sociétés du Proche-Orient ancien[60]. Il y a cependant des traces de liens affectifs dans les attestations de noms donnés à des bovins dans plusieurs documents de la Babylonie du début du IIe millénaire, qui traduisent le fait que ces animaux, chers et très importants pour les agriculteurs en tant qu'auxiliaires de travail, pouvaient être considérés comme des membres à part entière de leurs familles[61].

Risques liés aux animaux

Les sociétés humaines sont régulièrement soumises à des risques liés aux comportements de certains animaux sauvages, avec lesquelles elles rentrent en interaction. Plusieurs animaux peuvent mordre ou piquer les hommes et entraîner des complications, jusqu'à la mort parfois : les scorpions et les serpents (notamment la redoutable vipère à cornes) avant tout. Certaines des dix plaies d'Égypte présentées dans la Torah sont directement provoqués par des animaux sauvages : invasions de grenouilles, moustiques, mouches, et criquets pèlerins. La documentation assyrienne mentionne également les dégâts qui peuvent être causés par les mites, notamment sur les étoffes[62]. Les sociétés du Proche-Orient ancien avaient pleinement conscience d'être éprouvées par de telles catastrophes. Elles avaient mis au point des méthodes pour y faire face : aérer les tissus attaqués par les mites, noyer les larves de criquets dans des canaux. Mais bien souvent les Anciens s'en remettaient à des prières et des incantations.

Des dégâts peuvent également être causés par des animaux domestiques : le Code de Hammurabi prévoit ainsi le cas où un bovin échapperait au contrôle de son maître et tuerait une personne, ou provoquerait des destructions matérielles. Plusieurs lois mésopotamiennes et hittites traitent des problèmes liés à la gestion des troupeaux, par exemple si un lion dévorait du bétail. Il fallait également surveiller les troupeaux de façon à ce qu'ils n'aillent pas dégrader les zones de cultures. Les animaux domestiques sont menacées par des épizooties, dont certains textes se font l'écho.

L’animal, « objet » symbolique

Parce qu’ils sont omniprésents pour les sociétés humaines, les animaux ont été constitués en objets culturels par celles-ci : ils sont donc non seulement présents dans les aspects matériels de la vie des hommes, mais aussi dans leurs représentations collectives. Cela transparaît avant tout dans la religion, mais également dans l’art et la littérature.

Animaux divins et animaux mythiques

Les animaux sont présents dans la religion des cultures du Proche-Orient de l'épipaléolithique et le début du néolithique. Les piliers du sanctuaire de Göbekli Tepe portent des représentations d’animaux sauvages (la domestication des animaux n’ayant pas encore débuté, sauf pour le chien). Dans les premiers temps du néolithique, à Çatal Höyük ou Mureybet, des édifices qui ont vraisemblablement servi de sanctuaires ont livré des bucranes, crânes de bovidés ayant une fonction cultuelle[63]. Selon J. Cauvin, le taureau représente alors un principe mâle, fertiliseur, pendant de la déesse-mère[64]. En réalité, rien n’atteste avec certitude que l’on ait jamais vénéré des divinités animales dans le Proche-Orient ancien. Les civilisations des époques historiques n’ont vénéré que des dieux et déesses anthropomorphes.

Le dieu Marduk et son dragon-serpent

Cependant, on trouve quand même des animaux qui sont associés à des divinités, qu’ils servent à l’occasion à symboliser : on parle d'« animaux-symboles », ou « animaux-attributs »[65]. Ce peuvent être des animaux naturels (presque jamais des animaux domestiques, sauf le chien de la déesse mésopotamienne Gula), ou mythologiques. Ainsi, pour les premiers on trouve le taureau, animal-attribut du dieu de l'Orage (Adad, Teshub) représentant son aspect fertiliseur, ou le lion représentant l'aspect guerrier d'Ishtar, le cerf des divinités hittites protectrices de la nature (DLAMMA) ; pour les seconds, le dragon-serpent (mušhuššu) est l'animal de Marduk (entre autres), et le Capricorne celui d'Ea. Des statues de ces animaux pouvaient prendre part à des rituels au même titre que d'autres symboles divins. Par exemple, des effigies de cerfs reçoivent des libations et des offrandes alimentaires lors du rituel de la montagne Pushkurunawa durant la grande fête hittite AN.TAH.ŠUM[66]. Il semble que certains temples de Syrie et du Levant de la période tardive abritaient des animaux vivants comme des lions, symboles de la déesse de la fertilité, à côté d'autres animaux[67], pour leur caractère sacré et non pour les sacrifier.

Chimère, bas-relief de Karkemish, IXe-VIIIe siècles.

Les mythologies du Proche-Orient ancien présentent de nombreux animaux imaginaires, et des génies ou démons ayant des traits animaliers, notamment de nombreux hybrides[68]. Cette faune mythologique est très vaste. On peut relever les hommes-scorpions, les hommes-poissons, le griffon, les taureaux et lions ailés, des sirènes, divers types de « dragons » (dragon-serpent, dragon-lion) ou des figures comme le Taureau Céleste, l’oiseau Imdugud/Anzu, Pazuzu, etc. La démone Lamashtu a quant à elle le visage d’une chienne, des oreilles et des dents d’âne, les serres d’un oiseau.

Certains animaux ont été utilisés pour qualifier des constellations du ciel. Pour ce qui concerne les signes du Zodiaque mésopotamien, on trouve le Crabe (Cancer), le Lion, le Scorpion, le Capricorne.

Les animaux dans le culte et les pratiques religieuses

De façon plus concrète, les animaux sont souvent utilisés dans le culte religieux. De nombreux animaux étaient offerts en sacrifice au dieu, quasi-exclusivement des animaux domestiques, surtout des moutons, ainsi que des caprins, voire des oiseaux chez les Hittites. Leur viande (généralement préparée) était offerte en repas au dieu[69], les pièces étant ensuite réparties entre les prêtres et les autorités politiques[70]. Les animaux servent également dans des rituels, notamment pour la purification, ou lors de la conclusion d’une alliance (le sacrifice sanglant d’ânons vient souvent sceller un accord diplomatique à la période amorrite).

Foies divinatoires, XIXeXVIIIe siècles, Mari.

Un autre type de sacrifice d’animaux pour des rituels est celui de l'hépatoscopie, la divination qui s’effectue en lisant le foie d’agneaux. La divination avec des animaux se fait également sans sacrifice dans le cas de la lecture des vols d’oiseaux[71]. Les animaux sont également couramment mentionnés dans les textes de présages ; on interprète notamment les anomalies détectées chez des nouveau-nés (comme pour les hommes). Le monde animal est donc vu comme un intermédiaire employé par les dieux pour s’adresser aux hommes.

Les rituels religieux faisaient également appel à des animaux dans les cas où il y avait besoin d'un substitut, qui devait porter le mal menaçant un être humain à sa place avant d’être sacrifié, emportant ainsi la menace dans l'Autre Monde (on pouvait parfois le brûler ou l'enterrer), ou bien servir à absorber le mal, auquel cas il n’est pas tué, mais relâché au loin, symbolisant la purification de l’humain concerné. En Mésopotamie, les animaux employés dans ces rituels sont de préférence des caprins, ainsi que certains peu employés dans les sacrifices (cochons, chiens, oiseaux, poisson). On pouvait même aller jusqu’à faire revêtir des habits de femmes à l’animal-substitut. Dans les rituels de magie analogique courants au Hatti (où on évoque les menaces qui pèsent sur une personne en employant des comparaisons très imagées), les animaux sont également mentionnés comme référence dans les incantations, sans être présent physiquement.

Classifications et stéréotypes

Les scribes de Mésopotamie et à leur suite ceux de plusieurs peuples du Proche-Orient ancien avaient l'habitude de rédiger de longues listes lexicales compilant les éléments du monde connu. Elles permettent de percevoir la façon dont les Anciens concevaient le monde animal et le classifiaient. La plus massive des listes mésopotamienne, dite HAR.RA = hubullu, dont la forme standard date du Ier millénaire, réuni des mots liés au monde animal, classés en trois groupes : animaux de la terre, de l’air et de l’eau. Les premiers sont divisés entre domestiques, de loin ceux qui sont traités plus en détail, et non domestiques. En réalité on devrait plutôt parler d’animaux « productifs » et « non productifs », dans la mesure où le chien et le porc sont classés dans la seconde catégorie. Mais les Anciens mésopotamiens considéraient bien qu’il y avait des animaux sauvages (ils parlaient en général de būl ṣēri ou umām ṣēri, « animaux de la steppe », et d’autres localisations comme les marais ou les montagnes)[72]. Dans la seule liste lexicale hittite retrouvée faisant une classification des animaux, on opère la même distinction entre animaux domestiques (šupalla-) et sauvages, ces derniers étant divisés entre animaux du champ (gimraš huitar-, surtout des mammifères), de la terre (daganzipaš huitar-, des insectes essentiellement) et de la mer (arunaš huitar-, en fait les animaux liés à l’eau, grenouilles et serpents compris aux côtés des poissons)[73]. Le porc et le chien sont placés à part.

Dans les représentations mentales des anciens habitants du Proche-Orient, la césure entre animaux sauvages et domestiques est donc très marquée. Les animaux sauvages apparaissent souvent comme représentant le monde non civilisé, donc d’une certaine manière le chaos, parce qu’ils vivent dans la steppe, loin des villes. Cela se retrouve dans l'Épopée de Gilgamesh, autour de la figure d'Enkidu, « sauvage » vivant au début de son existence au milieu des animaux avant d’être « apprivoisé » par une courtisane et de se joindre à la civilisation[74]. En contrepartie de cette représentation négative, les animaux sauvages étaient considérés comme supérieurs en force et caractère aux animaux domestiques, de ce fait quand on souhaite parler positivement de quelqu’un on le compare à des animaux sauvages, très rarement des domestiques.

Les réflexions sur le statut et les spécificités des animaux apparaissent aussi dans des tablettes de la littérature sapientale mésopotamienne qui mettent en scène plusieurs espèces spécifiques, celles qui ont un contact plus prononcé avec les humains, et leur attribuent un comportement stéréotypé. Ces sources sont des recueils de proverbes, et même des courtes fables, datant pour beaucoup de l’époque sumérienne, mais on en connaît pour les périodes ultérieures. Ils servent à dispenser des préceptes moraux aux hommes, et ont pu être mis par écrit pour des besoins didactiques. Y sont mis en scène un nombre limité d’animaux, surtout domestiques, ou familiers des hommes, essentiellement des mammifères, plus ressemblants aux hommes. On peut y distinguer plusieurs stéréotypes attribués à certains animaux par les anciens Mésopotamiens[75] :

  • Le renard, le plus représenté, est rusé, sait toujours se tirer des situations périlleuses de façon malhonnête, et est couard et vantard (donc des traits assez proches de ceux de la tradition littéraire occidentale).
  • Le chien, souvent adversaire du renard et du loup, est présenté comme un animal protecteur, fidèle envers son maître, garant de l’ordre ; mais sa représentation est ambiguë, il peut être aussi présenté comme dangereux, impur, notamment à partir du Ier millénaire.
  • Le loup est redouté, et il passe pour être un peu couard.
  • Le lion est lui aussi couramment mentionné ; il est fort, puissant, domine les autres animaux, mais peut également être arrogant, et vorace, en revanche il n’est pas forcément très intelligent (dans une fable il se fait duper par une chèvre).
  • Le bœuf est fort, fait son devoir pour l’homme, notamment en tirant l’araire, mais est aussi balourd, parfois fainéant.
  • Le taureau est présenté comme étant têtu.
  • L’âne est un animal soumis, indolent, bon à rien, et aurait une sexualité exubérante.
  • L’ours, la hyène, le porc, la chèvre voire des oiseaux sont parfois des personnages de fables.

Ces animaux-là sont souvent mis en scène comme personnages doués du sens de la parole, pouvant dialoguer entre eux, voire avec des humains dans des textes mythologiques ou d'autres récits[76]. C'est moins le cas dans la littérature hittite, dans laquelle les animaux ont peu de personnalité et sont du reste assez peu présents, une exception étant le Mythe de Telebinu, le dieu disparu, que recherchent un aigle et une abeille envoyés par les dieux[77].

Tabous dans les relations hommes/animaux : interdits alimentaires et zoophilie

Vase en albâtre ayant la forme d'un porcin, Suse.

La classification des animaux en plusieurs catégories peut aussi amener les relations avec certains d'entre eux à être reléguées dans le domaine du tabou. Un cas mérite une attention particulière : celui des porcs, et de la famille des suidés en général[78]. Élevés aux côtés des autres animaux domestiques depuis leur domestication au IXe millénaire, uniquement pour la consommation alimentaire, les porcs sont souvent représentés dans l’iconographie, de même que les cochons sauvages, que l’on chasse. À partir de la fin du IIe millénaire, les porcs mentionnés dans les textes de présages babyloniens sont toujours annonciateurs de mauvaises nouvelles. Ces animaux deviennent progressivement perçus comme impurs, et même stupides. Dans le sud du Levant, ils semblent disparaître durant la seconde moitié du IIe millénaire car on n'en trouve plus de trace dans les sites archéologiques. La Bible hébraïque finit par proscrire la consommation de cet animal (Lévitique 11 et Deutéronome 14) : l'interdit est d’ordre religieux. Encore attestés en Mésopotamie à la période néo-assyrienne (911-609), les porcins disparaissent de la documentation mésopotamienne à la période néo-babylonienne (624-539). Le phénomène reste mal compris. Dans le cas des Hébreux, il faut peut-être y voir une manière de se distinguer des peuples voisins, ennemis. Le porc a toujours une position particulière parmi les animaux domestiques, dans la mesure où il est le seul à ne pas être productif, et à n'être élevé que pour sa viande. D'autres interdits alimentaires ont été énoncés dans l'Israël antique : les oiseaux de proie, le dromadaire, les charognards, ou encore l'interdiction de faire cuire un fils dans le lait de sa mère. Moins étudiés que le cas du porc, ces tabous n'ont pas reçus d'explication unanimement acceptée non plus[79].

Parmi les interdits d'ordre religieux liés aux animaux il faut également mentionner le cas de la zoophilie qui apparaît dans un passage des Lois hittites sur lequel des zones d'ombres demeurent : un homme coupable de relations sexuelles avec un cochon, un mouton ou un chien peut être puni de mort, à moins que le roi ne le gracie. Or, la peine de mort est exceptionnelle en droit hittite (un homicide est généralement condamné par une amende), ce qui semble indiquer que le pêché de zoophilie est dans ces cas-ci extrêmement grave. En revanche, les relations sexuelles avec un cheval ou un âne ne sont pas passibles de la peine de mort, sans doute parce que ces animaux sont mieux considérés. En tout cas, un homme ayant commis un acte de zoophilie est impur, puisqu'il ne peut plus paraître devant le roi, au risque de le contaminer[80].

Les hommes animalisés

Briques émaillées de la Porte d'Ishtar, Babylone : lion, animal-symbole d'Ishtar.

Divers textes voient les hommes être comparés à des animaux. Ainsi, dans les Lettres d’Amarna, les rois vassaux du pharaon égyptien utilisent souvent l’exemple du chien : souvent cela sert à dénigrer un ennemi, « chien » étant alors une insulte ; mais à l’opposé un vassal peut se présenter comme le chien fidèle à son maître. Les annales royales assyriennes font un usage récurrent de ce même type de comparaisons dans les passages mentionnant des victoires du souverain. Le roi y est souvent présenté comme un lion (association courante en Mésopotamie depuis l'époque d'Akkad), et également un taureau sauvage ; dans les montagnes, c’est est un mouflon agile. Il est toujours représenté comme un animal sauvage. Quand l'ennemi prend les traits d’un animal domestique, ce peut être un agneau comme ceux que l’on sacrifie aux dieux, ou bien un âne. Quand il apparaît comme un animal sauvage, ce sont ceux qui sont perçus comme lâches ou fourbes, ainsi le renard ou l’ours, prompts à s’enfuir devant la puissance du roi assyrien[81]. Les différentes lettres et chroniques, plus anciens d’un millénaire, relatives au règne du roi hittite Hattushili Ier font également un usage de telles images. Le lion et l’aigle sont les animaux représentant le roi par excellence, les ennemis sont vus sous la forme du loup (symbolisant le chaos, le rejet de l’ordre établi) et du renard (la lâcheté), entre autres[82].

Les représentations artistiques

Les représentations des animaux dans l’art proche-oriental antique reprennent dans la majorité des cas des thèmes religieux et mythologiques. Pour les périodes non historiques, c’est l’un des seuls moyens d’appréhender la place des animaux dans les mentalités. Elles correspondent donc à ce qui a été vu précédemment pour la religion. On peut également trouver des représentations profanes, plus marginalement, et surtout pour les périodes tardives. Du fait de l'abondance de la documentation iconographique relative aux animaux sur la longue période et les vaste espace concernés, on se contentera ici de généralités et de quelques exemples.

Au Néolithique, un art animalier se met progressivement en place, à partir du Natoufien et surtout au PPNA (Xe-IXe millénaire). On remarque une nette préférence pour les animaux « sauvages », notamment les aurochs, les félins, serpents et oiseaux, tandis qu’à l’opposé les animaux qui sont en train d’être domestiqués ne sont pas représentés.

Poterie peinte monochrome de Tepe Sialk, IVe millénaire, portant des représentations de bouquetins.

Au Chalcolithique (VIIe-IVe millénaires), on trouve des représentations d’animaux sur des céramiques, sous des formes très stylisées. Le bestiaire est très varié : caprins, scorpions, poissons, oiseaux. Un des motifs caractéristiques de la céramique de la période de Halaf est le bucrane stylisé. L’art des cultures iraniennes de cette période (Tepe Sialk III, Suse I, Tepe Hissar) est particulièrement porté vers les représentations animales : surtout des caprins, également des taureaux (ou zébus), des oiseaux, des félins, serpents, etc.

Aux Ve et IVe millénaire, les sceaux portent de nombreuses représentations d’animaux, et on note l’apparition d’animaux hybrides dans les représentations artistiques. La figure du « maître des animaux », un homme maîtrisant généralement deux animaux avec ses bras, devient un motif artistique très répandu.

Sceau-cylindre de la période d'Uruk : « ronde » de bovins.

La période d'Uruk voit une floraison des représentations d’animaux et d’animaux hybrides (comme les griffons) dans l’art, notamment la glyptique, avec le développement des sceaux-cylindres permettant de graver des scènes plus complexes, certaines représentant sans doute des passages de récits mythologiques[83]. À côté de cela, d’autres sceaux-cylindres représentent des animaux identiques (poissons, porcs, sangliers, taureaux, etc.) en files reproductibles à l’infini (des « rondes »). Le « maître des animaux » est toujours très présent.

La vocation animalière de l’art du plateau iranien se confirme au IVe et au début du IIIe millénaire. L’art de la civilisation de Jiroft présente de nombreux animaux, ainsi que des animaux fantastiques, hybrides, notamment des hommes-scorpions. Les artistes de la civilisation proto-élamite sont ceux qui représentent le plus d’animaux : les représentations humaines semblent bannies, et on trouve alors des animaux dans des postures humaines, faisant des activités humaines, singularité de cette période. L'une des représentations animales privilégiées des artistes de cette région depuis les hautes époques jusqu’à la chute de l'Élam est le serpent, qui semble symboliser le Monde souterrain, et est associé aux deux grandes divinités élamites du IIe millénaire, Inshushinak et Napirisha. Le « maître des animaux » de l’Iran protohistorique est d’ailleurs généralement représenté en train de maîtriser des serpents.

Statuette votive d'un chien, animal de Gula, retrouvée à Girsu.

L’art de la période historique comporte de nombreuses représentations animales. Ce sont notamment les animaux-attributs des divinités, qui peuvent à eux seuls servir à représenter « leur » divinité, ou bien être en présence de celle-ci. Il est courant que le dieu soit représenté sur son animal, notamment dans l’espace allant de l’Anatolie orientale jusqu’en haute Mésopotamie. Les statuettes de chien, compagnon de la déesse guérisseuse Gula, retrouvées dans son temple à Isin, servent selon toute vraisemblance à invoquer l’aide de la divinité. Des représentations d’animaux peuvent donc avoir une fonction apotropaïque. C’est également le cas de nombreuses statues de lions (à Mari, Suse, Hattusha, Zincirli, Kalkhu, entre autres) ou d’animaux hybrides (comme les célèbres taureaux ailés androcéphales des palais néo-assyriens) gardant les entrées de villes ou d’édifices.

Détail d'une statue de lion gardienne d'entrée, Zincirli, Xe-VIIIe siècles.

La figure du « maître des animaux » connaît une fructueuse prospérité dans l’art proche-oriental, avant tout dans la glyptique. De nombreux combats entre héros ou dieux et animaux réels (lions, taureaux) ou mythiques (griffons et autres animaux ailés) sont représentés. Ainsi, un des motifs les plus courants de la glyptique de la période d'Akkad représente Lahmu, héros aux cheveux bouclés, maîtrisant un lion avec l’aide du taureau androcéphale (kusarikku).

Rhyton à protomé de bouquetin, bronze, Suse, fin du VIeIVe siècles.

La place que les animaux occupent dans la religion anatolienne fait qu’ils ont été souvent représentés dans cette région, sans doute avec plus de soin qu’on a pu le faire pour des humains. Pour la période hittite, on a retrouvé de nombreux rhytons zoomorphes, reprenant les animaux les plus vénérés dans ce royaume : taureaux, cerfs, et lions, également quelques chevaux. Ils avaient une fonction rituelle. Ces objets se retrouvent également en Urartu et dans la Perse achéménide.

L’art royal représente fréquemment des animaux. Ce sont notamment des chevaux (à partir de la seconde moitié du IIe millénaire), compagnons du roi et de ses guerriers, dont ils tirent le char (des exemples fameux ont été retrouvés à Ugarit ou en Assyrie). Il s’agit souvent de scènes de chasse, où on voit le souverain vaincre les animaux, mais aussi des scènes reprenant la figure du « maître des animaux », qui est alors assimilé au roi (en particulier dans la glyptique achéménide).

Les représentations profanes d’animaux sont surtout attestées pour le Ier millénaire, dans les bas-reliefs des palais assyriens et perses. Les plus fameuses sont les scènes de chasses d’Assurbanipal. On trouve également des animaux dans les scènes montrant les pays conquis d'une façon qui se veut réaliste (par exemple les cochons sauvages des marais du sud mésopotamien), les populations soumises, le tribut qu’on lève sur elles (porté par des chameaux). Les chevaux sont évidemment présents dans les scènes de combat.

Notes

  1. L. Bodson, « Les animaux dans l’Antiquité : un gisement fécond pour l’histoire des connaissances naturalistes et des contextes culturels », dans C. Cannuyer (dir.), L’animal dans les civilisations orientales. Henri Limet in honorem, Louvain, 2001, p. 1-27, en ligne (consulté le 26/12/2007)
  2. Sur le Néolithique proche-oriental, voir notamment O. Aurenche et S. Kozlowski, La naissance du Néolithique au Proche-Orient, Paris, 1999
  3. Helmer 1992, p. 26
  4. Discussions méthodologiques dans Helmer 1992, p. 31-48
  5. Vigne 2004, p. 44-48
  6. Helmer 1992, p. 29-30
  7. C'est le cas pour la chèvre, cf. Vigne 2004, p. 51
  8. Helmer 1992, p. 152
  9. Helmer 1992, p. 66-71
  10. Vigne 2004, p. 100-104
  11. Helmer 1992, p. 153-154 ; Vigne 2004, p. 104-110
  12. Helmer 1992, p. 155-157 ; Vigne 2004, p. 14-19
  13. J. Cauvin, Naissance des divinités, naissance de l'agriculture, Paris, 1998
  14. Sur les animaux domestiques du Proche-Orient ancien et leurs fonctions : (en) B. Hesse, « Animal Husbandry and Human Diet in the Ancient Near East », dans J. M. Sasson (dir.), Civilizations of the Ancient Near East, New York, 1995, p. 203-222
  15. Helmer 1992, p. 81-84 ; Vigne 2004, p. 29-35
  16. Vigne 2004, p. 44-53
  17. Helmer 1992, p. 84-90
  18. Helmer 1992, p. 90-93
  19. Helmer 1992, p. 93-95
  20. Helmer 1992, p. 95-97
  21. Hesse 1995, p. 214
  22. Hesse 1995, p. 216
  23. Sur ce sujet, voir entre autres J. Vigne et J. Guilaine, « Les premiers animaux de compagnie 8500 ans avant notre ère ? … ou comment j’ai mangé mon chat, mon chien et mon renard » dans Anthropozoologica 39/1, 2004, p. 249-273
  24. Hesse 1995, p. 217
  25. a et b C. Michel, « Animaux domestiques », dans Joannès (dir.) 2001, p. 50
  26. Hesse 1995, p. 220
  27. a et b C. Michel, « Miel », dans Joannès (dir.) 2001, p. 532
  28. Pour un aperçu des différents animaux attestés dans le Proche-Orient ancien, voir en dernier lieu (en) A. S. Gilbert, « The Native Fauna of the Ancient Near East », dans Collins (dir.) 2002, p. 3-75. Voir aussi B. Lion, « Animaux sauvages », dans Joannès (dir.) 2001, p. 50-53 sur la place des animaux non domestiqués dans la Mésopotamie antique.
  29. J. Desse, A. Prieur, C. Guérin, M. Faure et H. Jousse, « Exploitation des ressources marines au cours des Ve-IVe millénaires : le site à dugongs de l'île d'Akab (Umm al-Qaiwain, Émirats arabes unis) », dans Paléorient 28/1, 2002, p. 43-60
  30. B. Lion et C. Michel, « Criquets et autres insectes à Mari », dans MARI 8, 1997, p. 707–724
  31. B. Lion, C. Michel et P. Noël, « Les crevettes dans la documentation du Proche-Orient ancien », dans Journal of Cuneiform Studies 52, 2000, p. 55-60
  32. B. Lion, « Chasse », dans Joannès (dir.) 2001, p. 179-180 ; B. Lion et C. Michel, « Pêche », dans Joannès (dir.) 2001, p. 638-640
  33. E. Vila, L'exploitation des animaux en Mésopotamie aux IVe et IIIe millénaires avant J.-C., Paris, 1998, p. 33-87
  34. (de) R. K. Englund, Organisation und Verwaltung der Ur III-Fischerei, Berlin, 1990
  35. Hesse 1995, p. 210-212 ; E. Vila, op. cit., p. 89-133 ; B. Lion et C. Michel, « Élevage », dans Joannès (dir.) 2001, p. 276-278
  36. Hesse 1995, p. 210-212
  37. M. Sigrist, Drehem, Bethesda, 1992. Sur l'élevage dans le cadre des grands organismes, on pourra se référer aux études suivantes : (de) F. R. Kraus, Staatliche Viehhaltung im Altbabylonischen Lande Larsa, 1966 ; (en) M. Stepien, Animal Husbandry in the Ancient Neat East: A Prosopographic Study of Third-Millenium Umma, Bethesda, 1996
  38. B. Lion et C. Michel, « Ovins », dans Joannès (dir.) 2001, p. 610-612
  39. B. Lion, « Bovins », dans Joannès (dir.) 2001, p. 142-143
  40. Hesse 1995, p. 209
  41. H. Limet, « Le cheval dans le Proche Orient ancien (domestication, entretien, soins) », dans L. Bodson (dir.), Contributions à l’histoire de la domestication. Journée d’étude – Université de Liège, 2 mars 1991, Liège, 1992, p. 37-55 ; M. Yon et A. Caubet, « Le cheval, une noble conquête du Proche Orient », dans P.-L. Gatier, E. Viallard et B. Yon (éds.), De Pégase à Jappeloup, Cheval et société, Montbrison, 1994
  42. D. Pardee, Ras Shamra-Ougarit II, Les textes hippiatriques, Paris, 1980 ; (en) C. Cohen et D. Sivan, The Ugaritic Hippiatric Texts: A Critical Edition, New Haven, 1983
  43. Kikkuli (trad. Émilia Masson), L'Art de soigner et d'entraîner les chevaux, Lausanne, 1988 ; (de) F. Starke, Ausbildung und Training von Streitwagenpferden, eine hippologisch orientierte Interpretation des Kikkuli-Textes, Mainz, 1995
  44. (en) F. Reynolds, « Food and Drink in Babylonia », dans G. Leick (dir.), The Babylonian World, Londres et New York, 2007, p. 179-180 ; J. Bottéro, La plus vieille cuisine au monde, Paris, 2002
  45. a et b Hesse 1995, p. 213-220
  46. F. Joannès, « Viande », dans Joannès (dir.) 2001, p. 911-913
  47. C. Michel, « Lait et produits laitiers », dans Joannès (dir.) 2001, p. 458-459
  48. Un résumé commode des produits animaux se trouve dans E. Vila, « Un élevage à grande échelle », dans P. Bordreuil, F. Briquel-Chatonnet et C. Michel, Les débuts de l'Histoire, le Proche-Orient, de l'invention de l'écriture à la naissance du monothéisme, Paris, 2008, p. 28-29
  49. Voir par exemple M. Sigrist, « Le travail des cuirs et des peaux à Umma sous la dynastie d’Ur III », dans Journal of Cuneiform Studies 33, 1981, p. 141-190
  50. (en) I. I. Ziderman, « "BA" Guide to Artifacts: Seashells and Ancient Purple Dyeing », dans The Biblical Archaeologist 53/2, 1990, p. 98-101
  51. (en) D. Collon, « Hunting and Shooting », dans Anatolian Studies 33, 1983, p. 51-53 et 57 ; (en) J. Vorys Canby, « Falconry (Hawking) in Hittite Lands », dans Journal of Near Eastern Studies 61/3, 2002, p. 161-201
  52. B. Lion, « Bovins », dans Joannès (dir.) 2001, p. 143
  53. H. Limet, « Le chat, les poules et les autres : le relais mésopotamien vers l’Occident ? », dans L. Bodson (dir.), Des animaux introduits par l’homme dans la faune de l’Europe, Liège, 1994, p. 39-54
  54. F. Joannès, Textes économiques de la Babylonie récente, Paris, 1982
  55. (en) M. Sigrist, Drehem, Bethesda, 1992 ; B. Lion et C. Michel, « Élevage », dans Joannès (dir.) 2001, p. 277
  56. (en) M. A. Zeder, Feeding Cities: Specialized Animal Economy in the Ancient Near East, Washington et Londres, 1991 tendrait à généraliser le principe de spécialisation de l'élevage et d'encadrement étatique de sa circulation, mais ses conclusions ont été très contestées, et il est de toute manière impossible de généraliser un modèle à tout le Proche-Orient ancien.
  57. B. Lion, « La circulation des animaux exotiques dans le Proche-Orient antique », dans D. Charpin et F. Joannès (dir.), La circulation des biens et des idées dans les Proche-orient ancien, Paris, 1992, p. 357-365 ; H. Limet, « Les animaux enjeux involontaires de la politique (au Proche-Orient ancien) », dans L. Bodson (dir.), Les animaux exotiques dans les relations internationales : espèces, fonctions, significations, Liège, 1998, p. 33-52
  58. B. Lion, « Animaux sauvages », dans Joannès (dir.) 2001, p. 51-52
  59. La bibliographie sur les chasses des souverains néo-assyriens est particulièrement abondante. Voir notamment : H. Limet, « Les animaux sauvages : chasse et divertissement en Mésopotamie », dans J. Desse et F. Audoin-Rouzeau (dir.), Exploitation des animaux sauvages à travers le temps, Nice, 1993 ; (en) C. E. Watanabe, Animal Symbolism in Mesopotamia, A Contextual Apporoach, Vienne, 2002 ; B. Lion et C. Michel, « Les chasses royales néo-assyriennes, Textes et images », dans I. Sidéra, E. Vila et P. Erikson (dir.), La chasse, pratiques sociales et symboliques, Paris, 2006, p. 217-233
  60. H. Limet, « Animaux compagnons ou de compagnie. La situation dans le Proche-Orient Ancien », dans L. Bodson (dir.), L’animal de compagnie : ses rôles et leurs motivations au regard de l'histoire. Journée d’étude – Université de Liège, 23 mars 1996, Liège, 1997, p. 53-73
  61. (de) G. Farber, « Rinder mit Namen », dans G. van Driel (dir.), Zikir šumim: Assyriological studies presented to F.R. Kraus on the occasion of his seventieth birthday, Leyde, 1982, p. 34-36
  62. (en) C. Michel, « `Les mites d'Assyrie´ Moths in the Assyrian Texts of the IInd millenium B.C. », dans Journal of the American Oriental Society 118, 1998, p. 325–331
  63. (en) B. J. Collins, « Animals in the Religions of Anatolia », dans Collins (dir.) 2002, p. 309-310
  64. J. Cauvin, Naissance des divinités, naissance de l'agriculture, Paris, 1998, p. 43-55
  65. D. Collon, « Les animaux-attributs des divinités du Proche-Orient ancien : problèmes d'iconographie », dans P. Borgeaud, Y. Christe, I. Urio, L’animal, l’homme et le dieu dans le Proche-Orient ancien, Louvain, 1984, p. 83-85. (en) J. A. Scurlock, « Animals in Ancient Mesopotamian religion », dans Collins (dir.) 2002, p. 368-371 ; (en) B. J. Collins, dans Collins (dir.) 2002, p. 314-316 et O. Borowski, « Animals in the religions of Syria-Palestine », dans Collins (dir.) 2002, p. 405-411
  66. M. Mazoyer, « La fête sur la Montagne », dans M. Mazoyer, J. Pérez Rey, F. Malbran-Labat et R. Lebrun (dir.), La fête, La rencontre des dieux et des hommes, Paris, 2004, p. 83-91
  67. Lucien de Samosate (?), De Dea Syria, 41
  68. On trouvera de nombreux exemples dans (en) J. Black et A. Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, An Illustrated Dictionary, Londres, 1998
  69. Voir par exemple, dans le cas des rituels hittites, A. Mouton, « Anatomie animale : le festin carné des dieux d’après les textes hittites I. Les membres antérieurs », dans Colloquium Anatolicum 3, 2005, p. 67-92, en ligne (consulté le 25/12/2007)
  70. (en) J. Black et A. Green, op. cit., p. 55-56 ; L. Battini et F. Joannès, « Statue de culte », dans Joannès (dir.) 2001, p. 787-789
  71. H. Limet, « L’observation des animaux dans les présages en Mésopotamie ancienne », dans L. Bodson (dir.), L’histoire de la connaissance du comportement animal. Actes du colloque international, Université de Liège, 11-14 mars 1992, Liège, 1993, p. 119-132
  72. (en) B. R. Foster, « Animals in Mesopotamian Literature », dans Collins (dir.) 2002, p. 272-274
  73. (en) B. J. Collins, « Animals in Hittite Literature », dans Collins (dir.) 2002, p. 237-238
  74. A. Finet, « De la brute à l’homme : la socialisation du sauvage d’après l’épopée de Gilgamesh », dans L. Bodson (dir.), Le statut éthique de l’animal : conceptions anciennes et nouvelles. Journée d’étude – Université de Liège, 18 mars 1995, Liège 1996, pp. 35-39 et (en) B. R. Foster, op. cit., p. 275-277
  75. H. Limet, « Le bestiaire des proverbes sumériens », dans C. Cannuyer (dir.), L’animal dans les civilisations orientales. Henri Limet in honorem, Louvain, 2001, p. 29-43. Voir aussi (en) B. R. Foster, dans Collins (dir.) 2002, p. 277-279
  76. (en) B. R. Foster dans Collins (dir.) 2002, p. 275-284 pour une synthèse sur les différents aspects de la présence animale dans les textes « littéraires » mésopotamiens
  77. (en) B. J. Collins dans Collins (dir.) 2002, p. 245-248
  78. Hesse 1995, p. 215. B. Lion et C. Michel (éds.), De la domestication au tabou : les suidés au Proche-Orient ancien, Paris, 2006
  79. O. Borowski Collins (dir.) 2002, p. 411-412
  80. (en) H. A. Hoffner, « Incest, Sodomy and Bestiality in the Ancient Near East », dans H. A. Hoffner, Orient and Occident: Essays presented to Cyrus H. Gordon on the Occasion of his Sixty-Fifth Birthday, Neukirchen-Vluyn, 1973, p. 81-90
  81. (it) L. Milano, « Il nemico bestiale. Su alcune connotazioni animalesche del nemico nella letteratura sumero-accadica », dans, E. Cingano, A. Ghersetti, L. Milano (éds.), Animali, Tra zoologia, mito e letteratura nella cultura classica e orientale, Padoue, 2005, p. 47-62
  82. (en) B. J. Collins, « Hattušili I, The Lion King », dans Journal of Cuneiform Studies 50, 1998, p. 15-20
  83. (it) E. Rova, « Animali ed ibridni nel repertorio iconografico della glittica del periodico di Uruk », dans, E. Cingano, A. Ghersetti, L. Milano (éds.), Animali, Tra zoologia, mito e letteratura nella cultura classica e orientale, Padoue, 2005, p. 13-32

Voir aussi

Bibliographie

  • D. Helmer, La domestication des animaux par les hommes préhistoriques, Paris, 1992 
  • J.-D. Vigne, Les débuts de l'élevage, Paris, 2004 
  • F. Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, 2001 
  • (en) J. Black et A. Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, An Illustrated Dictionary, Londres, 1998 ;
  • P. Borgeaud, Y. Christe et I. Urio (dir.), L'animal, l'homme et le dieu dans le Proche-Orient ancien, Louvain, 1984 ;
  • (en) B. J. Collins (dir.), A History of the Animal World in the Ancient Near East, Leyde, 2002 
  • (en) B. Hesse, « Animal Husbandry and Human Diet in the Ancient Near East », dans J. M. Sasson (dir.), Civilizations of the Ancient Near East, New York, 1995, p. 203-222 



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