Anglicismes

Anglicisme

Un exemple de l'intrusion de la langue anglaise dans le français européen : people pour personnalités, célébrités, vedettes. Exemple qu'on retrouve dans l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur[1]. Autres anglicismes dans cette même revue : Newsletters, Blogs, Espace Business, Coaching, Challenges, Formation marketing, Ré by night, le Top 30, Hitech, les compacts flashies, Playlist, cafés design, Équipement Fitness, Tout le High Tech, Les concept-cars, Un peu de Shopping, l'ancienne playmate, bonnes actions fashion, food-victims, breaking news, Podcasts audio, opérations frauduleuses du trader, Buzz sur le web, etc.

Un anglicisme est un emprunt fait à la langue anglaise par une autre langue. L'anglicisme naît, soit de l'adoption d'un mot anglais par suite d'un défaut de traduction, même si un terme équivalent existe dans la langue du locuteur, soit d'une mauvaise traduction, comme le mot à mot.

On parle dans certains cas de calque, c'est-à-dire d'une traduction mot à mot d'une tournure ou d'un sens n'existant pas en français : réaliser au sens de « prendre conscience » ou encore celle d’initier pour « entreprendre, débuter, mettre en œuvre ».

La perception des anglicismes n'est pas la même partout dans la francophonie et d'une institution à l'autre. Ainsi, selon l'Office québécois de la langue française, spam devrait se traduire par pourriel, néologisme qu'a rejeté l'Académie française[2], mais qui est tout de même utilisé au Québec et qui se répand ailleurs.

Sommaire

Les catégories d'anglicismes

Selon le Colpron, dictionnaire des anglicismes publié au Québec[3], on peut classer les anglicismes en six catégories[4] :

  • l'anglicisme sémantique : c'est l'attribution à un mot français d'une acception qu'il n'a qu'en anglais (faux-amis), ou la traduction littérale d'un idiotisme anglais ;
    vol domestique pour vol intérieur ; définitivement pour definitely (« certainement ») ; « je suis désolé » pour excusez-moi ; « votre honneur » pour « monsieur (ou madame) le juge ».
  • l'anglicisme lexical : c'est l'emprunt de mots ou d'expressions anglais employés tels quels ;
    feedback (rétroaction, commentaire, appréciation)
  • l'anglicisme syntaxique : c'est le calque de constructions syntaxiques propres à la langue anglaise ;
    être en charge de (< in charge of) : être chargé de
  • l'anglicisme morphologique : ce sont des erreurs dans la formation des mots (genre, suffixations, etc.) ;
    les actifs d'une société (< the assets) : l'actif
  • l'anglicisme phonétique : c'est une faute de prononciation ;
    cent (dollar canadien ou euro) prononcé /sɛnt/
  • l'anglicisme graphique : c'est l'emploi d'une orthographe ou d'une typographie qui suit l'usage anglo-saxon ;
    emploi du point décimal au lieu de la virgule et des guillemets anglais (" ") à la place des guillemets français (« »)
    emploi des majuscules aux noms communs comme dans : Association Les Plus Beaux Villages de France ; la seule dérogation à cette règle est la capitalisation des mots composant un sigle : de même qu'on écrit SNCF et non Sncf, on préserve ces majuscules quand le sigle est explicité, par égard pour le lecteur.

Usage des anglicismes

L'usage du français contemporain est marqué par de nombreux anglicismes.

Il ne faut pas oublier que, si la tendance s'est inversée ces dernières décennies, avant le XVIIIe siècle la langue anglaise avait plus emprunté à la langue française que le contraire; ce qui fait que certains des anglicismes actuels du français furent des gallicismes en anglais à une certaine époque (ex. : obsolète). Étiemble rappelle dans Parlez-vous franglais ? [5] que le mot manager vient de ménager, comme notre « ménagère ». (Il faut dans les deux cas veiller aux affaires courantes, gérer un budget, déléguer, etc.)

Beaucoup d'anglicismes utilisés il y a un siècle (on en trouve chez Alphonse Allais) sont tombés aujourd'hui en désuétude ou dans l'oubli. Des anglicismes plus récents comme computer ou software ont disparu, chassés par ordinateur (plus précis, computer désignant n'importe quel type de calculateur, même analogique) ou logiciel (qui fait parfaitement pendant à matériel).

Le nombre et la fréquence des anglicismes varient selon les locuteurs et selon les domaines de spécialité. Certains domaines en regorgent, comme l'économie, mais surtout l'informatique. Celle-ci est en effet sujette à de nombreux emprunts à l'anglais (au jargon informatique anglo-américain) comme dans le reste du monde la musique l'est à l'italien ou la cuisine… au français; ainsi, la lingua franca de fait entre les informaticiens du monde entier est l'anglais. De plus, la plupart des langages de programmation ont un vocabulaire inspiré de l'anglais, ce qui fait que les programmeurs ont une tendance naturelle à penser en anglais.

Certains journalistes de la télévision française, dont la fonction exige normalement une grande maîtrise du français, introduisent néanmoins dans celui-ci de nombreux anglicismes (ainsi Rwanda pour désigner ce qui dans tous les anciens atlas se nomme Ruanda, ou encore Bélarus pour ce qui s'est toujours nommé la Biélorussie). Lexicaux, syntaxiques ou phonétiques, ces calques introduits sans discernement jouissent auprès des téléspectateurs d’un fort effet de mode qui garantit leur rapide acclimatation dans la langue française, par le simple fait qu'il s'agit de termes inhabituels et ressentis comme nouveaux donc avantageux [6].

Le français contribue cependant à des termes qui s'internationalisent : Informatique, néologisme inventé dans les années 1960 par la Compagnie Générale d'Informatique, a été acclimaté en Informatics vers la fin des années 1970 dans les pays anglo-saxons, où il unifie les disciplines jadis cloisonnées qui s'y nommaient respectivement Computer Science et Data Processing. Un autre néologisme bien français, télématique (apparu vers 1982), désignant la synergie de l'informatique et des télécommunications, a fait naître là-bas compunication ou compucation (contractions de computer communication, 1/ communication entre ordinateurs; 2/ télématique).

De nombreux anglicismes possèdent des équivalents français. Leur emploi n'est donc plus motivé par une lacune du lexique français, mais l'unification du vocabulaire permet de faciliter la transmission sans ambigüité de connaissances pointues et en rapide évolution. Ainsi, dans d'autres domaines comme la zoologie et la botanique, l'usage du latin est généralisé pour nommer plantes et animaux.

Acclimatation des anglicismes

Si certains des mots anglais qui sont passés en masse dans le français aux XVIIIe et XIXe siècles ont conservé leur graphie d'origine, d'autres avec le temps se sont conformés aux habitudes de l'orthographe française. Ainsi « redingote », qui vient de riding-coat, « paquebot », qui vient de packet-boat, et « boulingrin », qui vient de bowling green, exemples cités par Etiemble dans Parlez-vous franglais ? [7]. C'est aussi le cas de « bol », issu de bowl (orthographié ainsi en 1826), de « partenaire », issu de partner (orthographié de la sorte en 1836), et de « névrose », issu de neurosis [8].

Au XXe siècle, cette acclimatation des mots anglais se fait bien moins, l'orthographe restant inchangée dans la plupart des cas. Dans les formes dérivées des emprunts, en revanche, la francisation est de règle :

  • « upgrader » (mettre à niveau) : ajout de la désinence -er à upgrade
  • « mixage » (mélange de diverses sources sonores) : ajout de la désinence -age à mix
  • « dragqueenesque » (de travesti, de folle) : ajout de la désinence -esque à dragqueen
  • « footballistique » (relatif au football) : ajout de la désinence -istique à football

Faux anglicismes

Article détaillé : faux anglicisme.

Le français regorge de faux anglicismes, c'est-à-dire des lexèmes pris dans la langue anglaise (ils en ont l'orthographe et la prononciation) mais ne sont pas utilisés de cette façon dans la langue d'origine, au point que certains n'existent pas.

  • le ball-trap = clay-pigeon shooting (brit.) ou skeet shooting (amér.)
  • un bluesman = a male blues musician/singer
  • un brushing = a blow-dry
  • un parking = a parking lot (amér.) ou a car park (brit.)
  • le raming = having a hard time

Politiques en matière d'anglicismes en Belgique et au Québec

Les anglicismes sont nombreux dans les pays où le français est en contact quotidien avec l'anglais.

C'est le cas des pays bilingues comme le Canada (notamment à Montréal, où l’on utilise de très nombreux anglicismes, surtout dans les domaines de la mécanique et de la construction), la Belgique, où le gouvernement utilise parfois des anglicismes (d'une part, cela évite d'utiliser des termes néerlandais ou français qui pourraient favoriser l'une ou l'autre communauté, d'autre part, certains ministres ne maîtrisant pas bien l'autre langue, l'anglais est censé leur permettre de s'exprimer plus facilement).

Au Québec, l’emploi d’anglicismes est fréquent. Mais dans une région où le français est en constante interaction avec l’anglais, cette utilisation est toutefois en régression, notamment du fait d’un combat de langue mené depuis plusieurs siècles. La création de néologismes par l'Office québécois de la langue française est fréquente et leur utilisation est obligatoire. Par exemple, dans une production écrite scolaire en français, on écrira « courriel » et non « email », sous peine de perdre des points[9]. Il n'en reste pas moins que bon nombre d'anglicismes sont utilisés en permanence par les Québécois, bien souvent à leur insu. Il suffit de se promener dans les rues des grandes villes comme des villages pour s'en rendre compte.

Les pays francophones créent les néologismes qu'ils jugent appropriés, particulièrement dans le domaine informatique (Toile pour Web, abréviation de World Wide Web, courriel pour e-mail, pourriel pour spam, etc.). Une institution très active sur le plan néologique est l'Office québécois de la langue française. L'expérience montre cependant qu'une traduction n'est universellement acceptée que si elle est correctement choisie : avant la (demi-)création du couple matériel et logiciel, aujourd'hui d'usage universel, des organismes avaient essayé d'imposer quincaille et mentaille, apparemment trop hâtivement calqués sur hardware et software pour avoir du succès. C'est donc davantage le respect du génie d'une langue qui compte dans cette affaire que de simples rapports de forces, fussent-ils culturels.

Liste d'anglicismes courants en français

  • Sémantiques
    • réaliser (< realize) : se rendre compte de, s'apercevoir de
    • assumer (< to assume) (au Québec): présumer, supposer
    • initier (< initiate) : débuter, entamer, inaugurer, lancer, instaurer…
    • finaliser (< finalize) : achever, terminer, peaufiner, conclure, mettre la dernière main à
    • opportunité (< opportunity) : occasion, possibilité, perspective, chance, aubaine
    • délai (< delay) (au Québec) : retard
    • évidence (< evidence) (au Québec) : preuve
    • preuve (< proof) : démonstration
    • alternative : autre possibilité (en français une alternative est constituée de deux solutions éventuelles)
    • global : qui concerne le monde, mondial, planétaire
    • digital (< digital de digit au sens de « chiffre ») : numérique
    • contributeur (< contributor) : rédacteur (d'un rubrique de journal), collaborateur (à une œuvre collective)
    • patente (< patent) (au Québec) : brevet
    • profitable : rentable (la rente est ce que « rend » un investissement ; en français, le sens premier de « profitable » est non pas du domaine financier mais plutôt du domaine moral)
    • système (< system) : réseau, ensemble
    • élargir (< large) : agrandir, étendre
    • tarif (< tariff) : prix
    • tarif douanier (< customs tariff) : 1/ droits de douane ; 2/ nomenclature douanière
    • trafic (< traffic) : circulation
    • éducation : enseignement et parfois même l'adjectif « scolaire »
    • excitant (< exciting) : passionnant, « super », « génial »

« L'anglicisme tue l'anglicisme » : il peut arriver qu'il n'ait plus du tout de raison d'être car il devient superflu à force d'utilisation (exemple « système(s) de transport » pour « les transports »).

  • Lexicaux
    • week-end (en France) : fin de semaine
    • mailing (en France) : publipostage
    • mail (en France) : courriel
    • chater / chatter : bavarder ou clavarder
    • checker (au Québec, France) : (selon le contexte) regarder, vérifier, surveiller
    • dispatcher (verbe) : répartir, ventiler
    • hoax (en France) : canular (utilisé dans le contexte de l'Internet)
    • hype (en France) : (substantif fém.) battage publicitaire, agitation médiatique; (adjectif) branché, dans le coup, à la mode
    • leader : (selon le cas) principal dirigeant, numéro 1, patron, chef, chef de file, guide, figure de proue, meneur, cheval de tête (courses hippiques)
    • low cost : (employé en apposition) à faible coût, à bas prix, bas de gamme
    • manager (nom) : (selon le cas) directeur, gestionnaire, gérant, imprésario
    • mug : godet
    • news (en France) : (les) infos, (les) nouvelles, (l')actualité, (l')actu (fam.), (les) échos
    • pipeline : 1/ (selon le cas) oléoduc, gazoduc ; 2/ (en informatique) ligne de décodage d'instructions
    • prime time (en France) : heure de grande écoute, première partie de soirée, début de soirée
    • tester : mettre à l'essai, essayer, mettre à l'épreuve
    • toaster : grille-pain
  • Syntaxiques
    • en charge de (< in charge of) : chargé de, responsable de
    • est sous contrôle (< under control) : est maîtrisé
    • faire sens (< to make sense) (en France, pas au Québec) : avoir du sens
    • faire du sens (< to make sense) (au Québec) : avoir du sens
    • bon matin[10] (< good morning) : bonjour
    • basé (< based) : 1/ (< based in) ayant élu domicile à, domicilié à, ayant ses quartiers à, ayant son siège social à, sis à ; 2/ (< based on) fondé sur, reposant sur
    • être sous l’impression (< to be under the impression) (au Québec) : avoir l’impression
    • Moi, un comédien… (au Québec) : Moi, comédien… (article inutile précédant une profession et dans le cas d'une apposition)
    • Koweit City (mais aussi Panama City, Mexico City - où l'on parle espagnol ! - et d'autres villes encore) alors que l'on peut l'exprimer en disant et en écrivant, par exemple : à Koweit (ville) et au Koweit (pays), à Mexico et au Mexique
    • avoir le pouce vert (< to have a green thumb) (au Québec): avoir la main verte
    • payer attention (< to pay attention) (au Québec): prêter attention, faire attention
    • être supposé faire (< to be supposed to do) (au Québec): être censé faire
  • Phonétiques
    • Israël prononcé Izraël au lieu de Issraël
  • Graphiques
    • license : licence
    • Redoublement de la première consonne (français : « agression », « abréviation », « adresse » ; anglais : « aggression », « abbreviation », « address »)
    • Majuscule initiale pour les noms de mois et de jour : Mars au lieu de mars, Mardi au lieu de mardi
    • connection : connexion
    • saoudien, saoudite : séoudien, séoudite
    • chypriote : cypriote (du latin Cyprus)
    • a, b, et c : a, b et c
    • Mr : M. (abréviation de monsieur)
    • Istanbul au lieu d'Istamboul

Anglicismes dans des langues autres que le français

Anglicismes (et faux anglicismes) en allemand

  • Sinn machen, haben : avoir du sens (calqué de l'anglais to make sense)
  • handy : désigne un téléphone mobile ou portable (en fait, « handy » est à l'origine un nom de marque inspiré de l'adjectif anglais handy, pratique, et devenu nom commun, c'est donc un faux anglicisme; l'anglais emploie « mobile phone »)

Anglicismes en chinois

L'expression « anglicisme en chinois » s'applique à l'incorporation de mots, d'expressions et de concepts anglais dans la langue chinoise et ne doit pas être confondue avec le terme de « Chinglish », qui désigne l'anglais approximatif ou hésitant employé par des locuteurs chinois.

On distingue :

  • l'emprunt phonétique : par exemple l'expression 巴士(bāshì) au lieu de 公共汽車 pour le mot « bus », en raison de la similitude de prononciation ;
  • l'anglicisme syntaxique : on donne à la phrase en chinois l'ordre des mots de la phrase anglaise ;
  • l'anglicisme sémantique : par exemple 網絡 ou 網路 (« network »), utilisé pour rendre le mot « net ».

Anglicismes en espagnol

En Espagne, l'adoption de termes anglais est répandue dans les domaines économique et informatique, phénomène que les puristes voient d'un très mauvais œil.

L'hispanisation de ces termes est l'exception[réf. nécessaire].

Anglicismes en finnois

Les anglicismes en finnois relèvent de quatre types :

  • l'imitation phonétique,
  • le calque lexical,
  • le calque grammatical,
  • la contamination orthographique.

La langue officielle rejette l'usage des anglicismes, partant du principe que la langue finnoise, écrite comme parlée, a suffisamment de ressources propres. Cela n'empêche pas les intrusions.

Le jargon informatique abonde en imitations phonétiques, ainsi svappi pour « swap ». Les autres domaines également touchés sont la musique pour ados, l'anticipation scientifique, les jeux sur écran, la mode, l'auto et, dans une certaine mesure, les spécialités scientifiques.

Le calque lexical consiste par exemple à prendre l'expression anglaise « killer application » (désignant une application supplantant toutes les autres du même genre) et à en faire tappajasovellus, c'est-à-dire littéralement une « application tueuse ».

Certains locuteurs, surtout ceux fréquentant assidûment la langue anglaise, ont créé un calque grammatical finnois du pronom personnel anglais « you » employé avec le sens d'un pronom indéfini comme dans la phrase « You can't live for ever » (Nul n'est éternel).

En finnois, les éléments d'un mot composé ne sont pas séparés sauf lorsqu'ils comportent un sigle ou un numéral, auquel cas le trait d'union s'impose. L'individualisation des éléments constitutifs par une espace ou un trait d'union est un exemple de contamination de l'orthographe anglaise.

Un autre exemple de contamination orthographique est l'adoption de l'orthographe anglaise même lorsque le mot anglais est prononcé à la finnoise. Ainsi « to chat » (bavarder par clavier interposé, tchatcher) sera noté chattailla au lieu de sättäillä, sa prononciation.

Anglicismes en italien

Si l'on s'efforça, sous le régime de Benito Mussolini, de « purifier » l'italien en écartant les anglicismes et autres « polluants » de la langue, aujourd'hui l'Italie est le pays d'Europe qui emploie le plus d'anglicismes, et ce sans adaptation :

  • computer : ordinateur
  • hard disk : disque dur
  • mouse : souris (informatique)

Anglicismes en polonais

Du fait de l'influence accrue de l'anglais au XXe siècle et en ce XXIe siècle, le polonais lui a emprunté nombre de mots.

  • Les premiers emprunts ont concerné principalement les termes de marine et les sports :
    • kil (keel) (français : quille)
    • maszt (mast) (français : mât)
    • krykiet (cricket) (français : cricket)
    • jogging (jogging) (français : course à petites foulées)
  • Les emprunts plus récents sont en concurrence avec des équivalents polonais déjà existants et de ce fait ne sont pas acceptés par tous les locuteurs :
    • menadżer (manager) (français : gestionnaire à l'américaine, directeur, gérant, imprésario) au lieu de kierownik
    • quad (quad bike) (français : moto à quatre roues) au lieu de czterokołowiec
    • monitoring (CCTV) (français : surveillance en continu, monitorage) au lieu de nadzór, dozór
    • W czym mogę pomóc (How can I help you) (français : comment puis-je vous aider ?) au lieu de W czym mogę służyć
  • Certains anglicismes sont liés à l'avènement de la société de consommation :
    • dyskont (discount store) (français : enseigne à prix cassé)
    • market (supermarket) (français : supermarché)
    • lajfstylowy (lifestyle) (français : style de vie)
    • marketing (marketing) (français : techniques marchandes, mercatique)
  • Dans les domaines de l'informatique et des réseaux, les termes anglais règnent, faute de créations néologiques :
    • login (français : identifiant de connexion, nom d’utilisateur)
    • komputer (computer) (français : ordinateur)
    • monitor (français : moniteur, écran)
    • czat (chat) (français : bavardage-clavier, clavardage, tchatche)
    • on-line (français : en ligne, sur Internet)
    • interfejs (interface) (français : interface)

Notes et références

  1. Les tribus de l'Île de Ré - Le Nouvel Observateur, 3 août 2007.
  2. Hubert d'Erceville, « Changer le spam en pourriel, il n'en est pas question ! », 01 Informatique, No 1790, 20-12-2004.
  3. Gilles Colpron, Le dictionnaire des anglicismes, 4e édition, Beauchemin, 1998 (1re édition en 1970).
  4. La première édition du dictionnaire distinguait trois catégories supplémentaires :
    • l'anglicisme de modalité gramaticale : par exemple le remplacement d'une catégorie grammaticale par une autre (répondre correct au lieu de répondre correctement, l'adjectif se substitue à l'adverbe), l'emploi du pluriel à la place du singulier (les argents au lieu de l'argent).
    • l'anglicisme locutionnel : adoption de locutions empruntées à l'anglais, ainsi faire face à la musique au lieu d'affronter la situation.
    • l'anglicisme structural : emploi de formulations non conformes aux habitudes françaises comme le volume accru du courrier au lieu de l’accroissement du volume du courrier.
  5. Cf Etiemble, Parlez-vous franglais ?, Gallimard, 1964.
  6. Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire, Intervention au Congrès de l'AFEF, Limoges, 30 octobre 1977, parue dans Le français aujourd'hui, No 41, mars 1978, pp. 4-20 et Supplément au No 41, pp. 51-57.
  7. Cf Etiemble, op. cit.
  8. Cf Henriette Walter, L'aventure des mots français venus d'ailleurs, Robert Laffont, 1997, p. 183.
  9. Une bonne part des anglicismes « récents » sont cependant apparus en France : mailing, customiser, news, chewing-gum, green, shopping, mail, week-end.
  10. Capsule du mois : bon matin, Impératif français, 6 novembre 2008.

Voir aussi

Articles connexes

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Voir « anglicisme » sur le Wiktionnaire.

Liens externes

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