André Honnorat
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André Honnorat
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Parlementaire français
Date de naissance 10 octobre 1868
Date de décès 24 juillet 1950
Mandat Député 1910-1921
Sénateur 1921-1940
Début du mandat 1910
Circonscription Basses-Alpes
Groupe parlementaire GR (1910-1919)
GRD (1919-1921)
UR (1921-1940)
IIIe république

André Honnorat était un homme politique français, né le 10 octobre 1868 à Paris où il est mort le 24 juillet 1950.

Sommaire

Biographie

Les origines et la jeunesse

Fils d'un négociant et d'une pigiste, André Honnorat entame à Lyon des études secondaires qu'il est contraint d'abandonner à cause des difficultés financières que connaît sa famille.

La carrière politique

Il entame néanmoins une carrière de journaliste avant d'entrer dans la haute administration. Il est tour à tour directeur de cabinet de plusieurs ministres de la Troisième République. En 1896, il crée, avec Émile Javal, Charles Richet et Jacques Bertillon, l'Alliance nationale pour l'accroissement de la population. Ensemble, ils tentent de convaincre les pouvoirs publics d'instituer des mesures d'intérêt démographique et d'assimilation des immigrés.

En 1907, il est élu conseiller général du canton de Lauzet, dans les Basses-Alpes. Il le demeurera jusqu'à sa mort, en 1950. Puis, en 1910, il est élu député des Basses-Alpes sur les listes de la Gauche radicale démocratique. Il propose plusieurs amendements (22 janvier 1914) sur l'hygiène et les soins apportés aux jeunes hommes effectuant leur service militaire, notamment l'interdiction de renvoyer un soldat dans son foyer sans qu'il n'ait été traité contre la tuberculose. La Chambre des députés ratifie cet amendement quelques mois plus tard, le 15 avril 1915, en votant des crédits qui permettront des installations sanitaires où les poilus seront curés contre la tuberculose. Il fonde, en 1916, le Comité d'assistance aux anciens militaires tuberculeux. La même année, afin d'économiser l'énergie du pays en guerre, il propose l'adoption de l'heure d'été.

Entre 1917 et 1920, il multiplie les fondations et les amendements à but humanitaire ; Comité de protection et d'éducation des orphelins de guerre et des fils de Français résidant à l'étranger (1918), loi dite « loi Honnorat » qui institue des sanatoriums pour les tuberculeux, cité internationale universitaire de Paris (1919) construite à partir de 1923 avec la collaboration de la Suède, de la Norvège et celle de David Weill, Jean Branet et Paul Appel.

En 1920, il participe à la fondation de l'Union internationale contre la tuberculose et il est nommé, la même année, ministre de l'Instruction publique.

En 1921, il est élu sénateur des Basses-Alpes et devient membre des commissions des Affaires étrangères, de l'Éducation nationale et de la Santé publique.

En 1925, il est fait président du Comité national de défense contre la tuberculose (CNDT) avant de devenir membre de l'Institut Pasteur de 1932 à 1934, date à laquelle il crée la Fondation Roux qui attribue des bourses aux jeunes scientifiques étudiants à l'Institut Pasteur.

En 1930, il participe au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

Après l'invasion allemande et la défaite française en 1940, André Honnorat compte parmi les parlementaires qui refusent de céder les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Pendant toute la durée de l'occupation allemande, et avec le concours de ces propres réalisations (CNDT), il aide les tuberculeux à rejoindre les sanatoriums de la zone libre. Il est choisi en 1944, par Charles de Gaulle, pour intégrer l'Assemblée consultative provisoire, quelques mois avant son élection au Conseil de l'université de Paris et son élection à l'Académie des sciences morales et politiques, le 24 février 1947.

André Honnorat s'éteint le 24 juillet 1950, à 82 ans, dans la Cité internationale universitaire de Paris, une résidence pour les étudiants du monde entier à laquelle il aura consacré trente ans de sa vie.

L'inventeur de l'heure d'été

Article détaillé : Heure d'été.

L'idée de l'heure d'été et la réflexion brillante qu'elle suppose ne vient pas d'André Honnorat. C'est Benjamin Franklin qui émet pour la première fois cette proposition en avril 1784. Cependant, elle demeure presque totalement ignorée, exception faite de l'Australie, où elle à déjà fait ses preuves. Il faut attendre la Première Guerre mondiale, qui sollicite fortement les moyens de productions et d'échanges, extrêmement gourmands en énergies de toutes sortes (électricité, gaz, pétrole) pour qu'André Honnorat propose à la Chambre des députés le système de changement d'heure. Malgré un accueil rétif des parlementaires, plusieurs lettres d'injures et même de menace de mort, le Parlement finit par adopter cette loi le 19 mars 1917, par 291 voix contre 177[1].

Après la guerre, il déclare : « La victoire ne dépendait pas uniquement de l'héroïsme de nos soldats mais elle était également tributaire des moyens de production de nos belligérants. »

Notes et références

  1. Gilles Krugler, « Allemagne, décembre 1918. Les premières heures de l’occupation », Revue historique des armées, no 254, 2009, p. 76-81, mis en ligne le 6 février 2009, sur le site rha.revues.org, consulté le 22 juin 2009.

Bibliographie

  • Hélène Homps et Guillaume Tronchet, André Honnorat, entre Basses-Alpes, Paris et Mexique, Digne, Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence/Sabença de la Valeia, 2008).
  • Guillaume Tronchet, « André Honnorat ou l’hygiène par l’exemple (1910-1940) », dans La Promotion de la santé au travers des images véhiculées par les institutions sanitaires et sociales (Actes du colloque sur l’histoire de la protection sociale, Arles, 16-21 avril 2007), Paris, Comité d’histoire de la sécurité sociale, 2009, p. 371-387.

Filmographie

  • André Honnorat. Sur les traces d'un bâtisseur, un film de Nathalie Kaufmann et Guillaume Tronchet, réalisé par Jean-Michel Fouque, produit par Transkom en co-production avec la Cité internationale universitaire de Paris, avec le soutien du CNC et la participation de TV5MONDE, 26 min, 2010.

Articles connexes

Liens externes


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