André Colomer

André Colomer (1886 à Cerbère - 7 octobre 1931 à Moscou) est un poète, théoricien lyrique de la violence et un anarchiste individualiste français.

Biographie

Il est né à Cerbère, élevé ensuite à Paris, et découvre à 12 ans l'idéal anarchiste au cours de la lecture des œuvres de Zola. Il est lycéen à Bordeaux, mais l'individualisme lui fait prendre une année sabbatique qu'il occupe sur la Méditerranée. L'année suivante, il suit les cours qui lui permettent d'obtenir le baccalauréat en France, rentre à Louis-le-Grand où il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure. Mais c'est un échec. Il est appelé alors par l'armée au sujet du service militaire qu'il effectue à Perpignan en 1906.

Il enseigne en tant que professeur au collège de Blois, et répétiteur au lycée Lakanal. Mais cela ne dure pas longtemps. Il s'installe à Paris, se met à écrire et devient journaliste. Il fonde deux revues d'art avec Roger Dévigne, Bernard Marcotte, Gabriel-Tristan Franconi (un des fondateurs de la première revue), et d'autres amis : La Foire aux Chimères («Organe du Groupe d'Action d'Art Les Visionnaires») (1907-1908) et Les Actes des Poètes (1909-1910)[1]. Il fondera en 1913, avec Banville d'Hostel, une autre revue : L'Action d'Art. En 1911, il refuse d'accomplir une période militaire de 28 jours et est incarcéré à la prison du Cherche-Midi. Il y est malade, on le réforme et il est libéré. En septembre 1914, il est convoqué devant un conseil de réforme auquel il ne se rend pas. Il préfère partir pour l'Italie avec sa femme Madeleine.

Il commence à rédiger À nous deux, Patrie ! où il proclame :

Guerre ou Révolution pourraient éclater. Ni l'une ni l'autre ne me compterait au rang de ses soldats ; ni l'une ni l'autre n'aurait mon sang de héros parmi ses rangs.

En 1915, ce pays entre en guerre, ce qui l'amène à la clandestinité. Sa maladie ne faisant qu'empirer, il est obligé de prendre le risque d'être découvert. Il est arrêté et transféré à Perpignan. Vu son état de santé critique, on lui accorde une réforme définitive qui se trouve être le jour de l'armistice.

Dès 1919, il écrit dans l'hebdomadaire Le Libertaire duquel il sera nommé secrétaire de rédaction. Au sein du Club des Insurgés, il est orateur lors d'exposés publics. L'un de ceux-là a pour titre: Qui est coupable ? La Société ou le Bandit ? et a lieu à la Maison des Syndicats, boulevard Auguste-Blanqui. Il organise syndicalement les travailleurs intellectuels en créant le Syndicat des Écrivains et le Syndicat des Auteurs Dramatiques en 1920 et il devient secrétaire du Comité intersyndical du Spectacle. Il est co-fondateur de la Confédération générale du travail unitaire en 1921. Ce syndicat pourtant proche du Parti communiste français, Colomer ne se fascine pas pour la révolution russe de 1917. Il pense que la Révolution est « un mythe » et un « grand mot creux ». Le 18 novembre 1921, il écrit dans le Libertaire :

… Quand les travailleurs seront les maîtres, suivant la conception anarchiste, ils ne seront que les maîtres de la matière inanimée qu'ils activent de leurs efforts. Pour se libérer, s'organiser et se défendre, les individus-producteurs n'ont besoin ni de politiciens, ni de généraux, ni de commissaires du peuple. Laissez-leur supprimer l'État, ses fonctionnaires, ses rouages, ses lois, toute la vieille carcasse d'oppression collective - et vous verrez, par le seul jeu de l'intérêt et de l'affection, les hommes produire, les individus se grouper et vivre à la recherche de classe et d'harmonie.

En août 1922, il devient directeur de la Revue Anarchiste. Le 24 novembre 1923 a lieu l'affaire Philippe Daudet pour laquelle Colomer révélera plus tard que Le Flaoutter était un agent provocateur, indicateur de police. En 1925, il se rend à Montpellier pour traiter du thème : « Deux monstres, Dieu et la Patrie, ravagent l'humanité ». C'est là qu'il va influencer Léo Malet, bouleversé par le tempérament fiévreux de Colomer, sur la voie libertaire. Il s'ensuit une correspondance. Ses mémoires sont éditées dans lesquelles un chapitre est consacré à la bande à Bonnot. Le 12 décembre, il fait paraître un texte dans son journal sous le titre Choisir ! :

Je serai avec les prolétaires quand ils se révolteront contre les ordres de l'État, quand ils feront figure d'insurgés - même s'ils réalisent cette insurrection sous les drapeaux rouges du Bolchevisme.

Suite à la « thèse de l'assassinat » de Philippe Daudet qu'on lui reproche, Colomer quitte le Libertaire pour créer l'hebdomadaire l'Insurgé. Y signent Hauteclaire (Madeleine Colomer), Sébastien Faivre, Henry Poulaille, Maurice Wullens, Noël Letam (Léo Malet)... Colomer habite alors au 259 rue de Charenton à Paris. En février 1927, il tombe à nouveau gravement malade. Il se convertit quelques mois après au bolchevisme et adhère au PCF. Accueilli avec sa famille à Moscou, il meurt en 1931.

Œuvres

  • Roland Malmos (roman)
  • le Réfractaire (drame en trois actes)
  • À nous deux, Patrie ! (mémoires), 1925

Notes et références

  1. Les revues littéraires éphémères paraissant à Paris entre 1900 et 1914. Par Roméo Arbour, Librairie José Corti, 1956.

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