COUVRIR
. v. a.
( Je couvre, tu couvres, il couvre ; nous couvrons, vous couvrez, ils couvrent. Je couvrais. Je couvris. J'ai couvert. Je couvrirai. Couvre. Que je couvre. Que je couvrisse. Couvrant. ) Mettre une chose sur une autre pour la cacher, la conserver, l'orner, etc. Couvrir une statue, un tableau. Couvrir une maison. Couvrir de terre les racines d'un arbre. Couvrir un plat. Couvrir un pot. Couvrir de chaume, de tuile, d'ardoise. Couvrir une charrette, un bateau, etc. Ce parapluie est assez grand pour couvrir trois personnes. Couvrir d'or, d'argent. Couvrir de cuir une malle, un coffre. Couvrir un livre de parchemin, de vélin, de veau. Couvrir des chaises de toile, de serge, etc. Se couvrir la tête, le visage. On le dit aussi Des choses avec lesquelles on en couvre d'autres. Le voile qui couvre ce tableau, cette statue. On enleva la terre qui couvrait le cercueil. Il s'emploie souvent avec le pronom personnel. Se couvrir d'un manteau.   Couvrir un malade, Augmenter le nombre des couvertures, pour le garantir du froid, ou pour lui procurer une sueur.  Couvrir le feu, Mettre de la cendre dessus pour le conserver.  Couvrir une carte, Mettre une carte sur une autre ; ou Mettre de l'argent sur sa carte.

Fig. et par exagérat., Couvrir d'or un domaine, un tableau, En offrir un prix excessif.  Pop., Couvrir la joue à quelqu'un, Lui donner un soufflet. S'il me soutient cela, je lui couvrirai la joue.

Prov. et fig., Se couvrir d'un sac mouillé, Se servir d'une excuse vaine, qui aggrave la faute plutôt que de la diminuer.

COUVRIR, signifie aussi, Revêtir. Couvrir les pauvres. Les vêtements qui le couvrent. On l'emploie également, dans ce sens, avec le pronom personnel. Se couvrir d'un habillement modeste. Cette femme est si pauvre, qu'elle n'a pas de quoi se couvrir. Il faut avoir soin de se bien couvrir en hiver.

COUVRIR, avec le pronom personnel, signifie aussi, Mettre son chapeau sur sa tête. Il se couvrit le premier. Couvrez-vous, monsieur. Un ambassadeur, un grand d'Espagne se couvre, a le droit de se couvrir devant le roi.

COUVRIR, signifie encore, Mettre une chose en grande quantité sur une autre. Couvrir un habit d'or, d'argent, de clinquant, de broderie. Couvrir la mer de vaisseaux. Couvrir la campagne de soldats, de morts. Couvrir une table de louis d'or. Couvrir une table de mets. Il vint un boulet de canon qui le couvrit de terre. Ce cabriolet m'a couvert de boue. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Se couvrir de diamants, de pierreries.   Il se dit aussi figurément, dans le sens qui précède. Son discours fut couvert d'applaudissements. Il fut couvert de risées, de huées. Couvrir quelqu'un de honte, d'opprobre, d'infamie. Je le couvrirai de confusion. Cette action le couvrit de gloire. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Se couvrir d'opprobre, d'infamie. Se couvrir de crimes. Se couvrir de gloire.

Fig., Se couvrir de lauriers, Remporter des victoires, une grande victoire.

Fig., Se couvrir de bous, S'avilir par des actions basses, infâmes, tomber dans le dernier mépris.

Fig., Se couvrir du sang de quelqu'un, Tuer ou faire tuer quelqu'un. Cette phrase ne se dit que D'une action criminelle.

COUVRIR, se dit pareillement Des choses qui s'étendent, qui se répandent sur d'autres. Les eaux débordées couvrirent en un moment toute la campagne. Une rougeur subite couvrit son visage. D'épaisses ténèbres couvrirent ses yeux. Ces ruines couvrent un espace de plusieurs lieues. Une foule immense couvrait la place publique. Enlevez la poussière qui couvre ce tableau. La pâleur qui couvrait son visage. Une lèpre hideuse couvrait tout son corps. On l'emploie également avec le pronom personnel, dans le sens passif. La terre se couvre de verdure. Son front se couvrit d'une aimable rougeur. Mes yeux se couvrirent d'un nuage.   Le ciel, le temps se couvre, l'horizon se couvre, Il se brouille, s'obscurcit par des nuages. Le temps commence à se couvrir.

Fig., L'horizon se couvre, Il survient des obstacles ; des événements sinistres se préparent.

COUVRIR, signifie en outre figurément, Cacher, dissimuler. Il sait bien couvrir ses desseins. Il couvre bien son jeu. Il sait bien couvrir ses défauts. Il couvre sa passion. Cette modestie apparente couvre une grande vanité. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Le vice cherche quelquefois à se couvrir des apparences de la vertu.   En termes de Guerre, Couvrir sa marche, Cacher sa marche, la dérober à l'ennemi. Un bon général doit savoir couvrir sa marche.

Fig., Couvrir sa marche, Cacher ses desseins, aller adroitement à ses fins.

COUVRIR, signifie également, Excuser, faire pardonner, pallier. On pourrait couvrir sa faute, en disant que... Quelques beautés ne sauraient couvrir les nombreux défauts de cet ouvrage. On dit dans un sens analogue, avec le pronom personnel, Se couvrir d'un prétexte.   Ce crime a été couvert par l'amnistie, On ne peut plus en poursuivre l'auteur, parce qu'il a été amnistié.

COUVRIR, signifie encore, Garantir, mettre à l'abri. Couvrir de gabions ceux qui travaillent à une tranchée. Il s'élança, et le couvrit de son corps. On l'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. Se couvrir de son bouclier.   Il se dit quelquefois figurément. Couvrir quelqu'un de sa protection, de sa faveur. Se couvrir d'un grand nom, d'un vain titre. Le pavillon couvre la marchandise.   Par extension, Se couvrir de son épée, Se servir assez adroitement de son épée pour mettre à couvert et défendre à la fois toutes les parties de son corps.  Absol., au Trictrac, Se couvrir, Placer une seconde dame sur une flèche qui n'en avait qu'une.

COUVRIR, signifie particulièrement, en termes de Guerre, Protéger, défendre. La citadelle couvre la ville. Un corps de trente mille hommes couvrait nos frontières de ce côté.   Avec le pron. person., Se couvrir d'un bois, d'une colline, d'une éminence, d'un marais, etc., Se poster près d'un bois, d'un marais, etc., en sorte qu'on ne puisse être attaqué que difficilement de ce côté-là.  Couvrir un siége, Empêcher que l'ennemi ne vienne mettre obstacle à la continuation d'un siége.

COUVRIR, se dit aussi D'un son ou d'un bruit qui en domine un autre, et ne permet pas de l'entendre ou de le distinguer. Le bruit qui se faisait dans l'assemblée couvrit entièrement la voix de l'orateur. L'orchestre couvre la voix des chanteurs. Le fracas du tonnerre couvrait le bruit de la cataracte.

COUVRIR, se dit quelquefois, au figuré, De ce qui indemnise des frais, des dépenses qu'on a faites dans quelque entreprise. Le produit de la recette est à peine suffisant pour couvrir les frais.   En Jurispr., Couvrir la prescription, L'interrompre. On dit aussi, Couvrir la péremption, couvrir une fin de non-recevoir, une nullité, Faire qu'elle ne puisse plus être opposée. On a dit quelquefois, dans un sens analogue, Couvrir un crime.   Couvrir une enchère, Enchérir au-dessus de quelqu'un.

COUVRIR, se dit encore Des animaux qui s'accouplent avec leurs femelles. C'est un cheval anglais qui a couvert cette jument, cette cavale. Cette chienne a été couverte d'un épagneul, par un épagneul. Il faut faire couvrir cette jument.

COUVERT, ERTE. participe, Une statue couverte d'un voile. Il n'était couvert (vêtu) que de simple serge. Il était couvert de sueur, tout couvert de sang et de poussière. Un visage couvert de rougeur. La terre est couverte de neige. Le temps est bien couvert.   Être bien couvert, Être bien et chaudement vêtu.  Allée couverte, Allée en berceau Un propriétaire est obligé de tenir son locataire clos et couvert, Il est obligé de lui donner et de lui entretenir son logement en bon état de clôture et de couverture.

Fig. et fam., Se tenir clos et couvert, Se tenir en lieu de sûreté, de peur d'être pris. On le cherche pour l'emprisonner, il se tiendra clos et couvert durant quelques jours. Il signifie aussi, Cacher ses pensées et ses desseins. Je l'ai voulu faire parler sur cette affaire, mais il se tient clos et couvert.   En termes de Fortification, Chemin couvert, Chemin sur le bord extérieur du fossé, et où le soldat est à couvert du feu des assiégeants. Emporter le chemin couvert. Se loger sur le chemin couvert.

Fig. et fam., Servir quelqu'un à plats couverts, Lui rendre en secret de mauvais offices. Au moins, il ne l'a pas servi à plats couverts, se dit D'un homme qui a rendu ouvertement quelque mauvais office à un autre.

Fig., Mots couverts, Mots qui cachent un autre sens que celui qui se présente d'abord. Je lui fis entendre en mots couverts, à mots couverts, que ...  Pays couvert, Pays rempli de bois.  Vin couvert, Vin fort rouge, qui est d'une couleur très-chargée. Voilà du vin qui est trop couvert.

COUVERT, signifie particulièrement, Chargé, rempli de. Une table couverte de mets. Être couvert de plaies, de blessures, de cicatrices. Ce pays est couvert de bois, de marécages.   Il s'emploie figurément dans la même acception. Ce général est revenu couvert de gloire. C'est un homme couvert d'opprobre, d'infamie, couvert de crimes.

COUVERT, signifie aussi, figurément, Dissimulé, caché. Un homme couvert. Haine couverte. Ennemi couvert.

L'Academie francaise. 1835.

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