COIFFER
. v. a.
Couvrir la tête. Il me jeta un manteau sur les épaules, et me coiffa d'un grand chapeau. Il est très-souvent employé avec le pronom personnel. Se coiffer d'un bonnet de nuit. Les Turcs se coiffent d'un turban, les Français d'un chapeau.

Fam. et par plaisanterie, Coiffer quelqu'un de quelque chose, Le lui jeter, le lui appliquer sur la tête. Il le coiffa d'un seau d'eau.

Fig. et fam., Cette femme coiffe son mari, Elle lui est infidèle.

Fig. et fam., Se coiffer de quelqu'un, S'engouer, s'entêter de quelqu'un. Il s'est allé coiffer de cette femme. Elle s'est coiffée de lui. Il s'est coiffé de cet homme, qui n'a cependant aucun mérite.

Fig. et fam., Coiffer quelqu'un d'une opinion, La lui faire embrasser ; et dans un sens analogue, Se coiffer d'une opinion. Je ne sais qui l'a coiffé d'une opinion si extravagante. Quand une fois il s'est coiffé d'une opinion, on a bien de la peine à le ramener.

COIFFER, signifie quelquefois, figurément et familièrement, Enivrer. Il est aisé à coiffer. Il ne faut que trois verres de vin pour le coiffer. Il s'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. Cet homme se coiffe souvent. On dit de même, Se coiffer le cerveau, avoir le cerveau coiffé.

COIFFER, signifie aussi, Orner, parer la tête avec ce qui sert à la couvrir, ou Arranger, friser les cheveux. Elle se fit coiffer par sa femme de chambre, Savez-vous coiffer ? On la coiffa de fleurs, de plumes, etc. Ce valet de chambre était occupé à coiffer son maître. On l'emploie très-fréquemment, dans ce sens, avec le pronom personnel, surtout en parlant Des femmes. Se coiffer avec un bonnet. Se coiffer avec ses cheveux. Se coiffer en cheveux.   Coiffer bien, coiffer à merveille, Arranger les coiffures de femme avec beaucoup d'élégance et de goût. On dit de même, Cette femme se coiffe bien.   Ce perruquier coiffe bien, Les perruques qu'il fait vont bien. Cette perruque coiffe bien, ce chapeau coiffe bien, ce bonnet coiffe bien, etc., Ils siéent bien à l'air du visage.  Coiffer une bouteille, Mettre une enveloppe par-dessus le bouchon, pour empêcher que le vin ne s'évente.  En termes de Chasse, Les chiens ont coiffé le sanglier, Ils l'ont pris aux oreilles.  En termes de Marine, on dit qu' Un bâtiment coiffe, lorsque, par une manoeuvre ou un changement de vent subit, le vent frappe sur l'avant des voiles. Il fit une fausse manoeuvre, et le vaisseau coiffa.

COIFFÉ, ÉE. participe, Une femme coiffée en paysanne.   Cet enfant est né coiffé, se dit D'un enfant qui est venu au monde avec une sorte de membrane qu'on appelle Coiffe, et que le peuple regarde comme un présage de bonheur : c'est de là que vient le proverbe, Être né coiffé, Être très-heureux.

Prov. et fig., Il aimerait une chèvre coiffée, se dit D'un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient.  Être bien coiffé, Avoir une perruque, un chapeau qui sied bien ; ou, par extension, Avoir les cheveux bien plantés.  Ce chien est bien coiffé, Il a les oreilles longues et pendantes.  Au Jeu d'échecs, Un pion coiffé, Un pion auquel on attache un signe, et qui, d'après les règles du jeu, a un emploi particulier.

L'Academie francaise. 1835.

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  • coiffer — [ kwafe ] v. tr. <conjug. : 1> • XIIIe; de coiffe I ♦ 1 ♦ Couvrir la tête de (qqn). Coiffer un enfant d un bonnet. Pronom. Se coiffer d un chapeau. P. p. adj. Coiffée d une toque. ⇒ chapeauter; casquer, encapuchonner. ♢ Absolt Cette toque… …   Encyclopédie Universelle

  • coiffer — ou COEFFER. v. a. Couvrir la tête. Les Turcs se coiffent d un turban, les François d un chapeau. Les Moines se coiffent d un froc, d un capuchon. Il a coiffé ses soldats d un casque.Coiffer, signifie aussi Orner, parer sa tête de ce qui sert à la …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798

  • coiffer — (koi fé) v. a. 1°   Couvrir la tête d une coiffe.    Couvrir la tête d une coiffure quelconque. Coiffer les grenadiers d un bonnet à poil.    Friser, natter les cheveux. Coiffer une femme en cheveux.    Coiffer sainte Catherine, rester fille. Ste …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • COIFFER — v. tr. Couvrir la tête. Il me jeta un manteau sur les épaules et me coiffa d’un grand chapeau. Les Turcs se coiffent d’un fez ou d’un turban. Par analogie, Le sculpteur a coiffé d’un casque cette statue de femme. Fam. et par plaisanterie, Coiffer …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • coiffer — v.t. Arrêter : Je me suis fait coiffer par les lardus. / Être à la tête : Il coiffe plusieurs services. / Se faire coiffer au poteau, se laisser dépasser à l arrivée (au fig.). □ se coiffer v.pr. Se coiffer, être coiffé avec un pétard, être mal… …   Dictionnaire du Français argotique et populaire

  • coiffer — vt. , soigner les cheveux : parukâ (Aix). A1) coiffer sans goût : arnashî <harnacher> (Albanais) …   Dictionnaire Français-Savoyard

  • Coiffer la couronne, la mitre, la tiare — ● Coiffer la couronne, la mitre, la tiare être élevé à la dignité de roi, d évêque, de pape …   Encyclopédie Universelle

  • Coiffer sainte Catherine — ● Coiffer sainte Catherine rester célibataire à vingt cinq ans. (Dans certaines églises, où se trouvait une statue de sainte Catherine d Alexandrie, on chargeait du soin de renouveler la coiffure de la sainte, le jour de sa fête [25 novembre],… …   Encyclopédie Universelle

  • Coiffer un objectif — ● Coiffer un objectif l atteindre par le tir ou le conquérir …   Encyclopédie Universelle

  • coiffer un homme —    Le tromper en faveur d’un autre, moins jeune et plus laid, mais autre, d’où la coiffure de cornes que l’on connaît.         Moyennant quoi le mari fut coiffé.    PIRON.        Cinq minutes plus tard, le duc de Popoli était coiffé de la façon… …   Dictionnaire Érotique moderne

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