Eu (Seine-Maritime)

Eu (Seine-Maritime)
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50° 02′ 53″ N 1° 25′ 14″ E / 50.0480555556, 1.42055555556

Eu
Administration
Pays France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe
Canton Eu (chef-lieu)
Code commune 76255
Code postal 76260
Maire
Mandat en cours
Marie-Françoise Gaouyer
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes interrégionale de Bresle maritime
Site web www.ville-eu.fr
Démographie
Population 7 794 hab. (2011)
Densité 435 hab./km²
Gentilé Eudois
Géographie
Coordonnées 50° 02′ 53″ Nord
       1° 25′ 14″ Est
/ 50.0480555556, 1.42055555556
Altitudes mini. 2 m — maxi. 140 m
Superficie 17,93 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Eu est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime et la région Haute-Normandie.

Ses habitants sont les Eudois. Le nom de la ville d'Eu se prête à quelques jeux de mots. Ainsi, la bienséance veut qu'on dise et écrive : « le maire de la ville d'Eu ». Les Eudois peuvent ainsi prendre le train à la « gare d'Eu-la Mouillette ». Les cruciverbistes reconnaissent Eu comme étant le « trou normand » en deux lettres.

Sommaire

Géographie

Situation

Située tout au nord du département, et avec un territoire formant une protubérance sur la rive droite, Eu est un chef-lieu de canton bordé par la forêt d'Eu et traversé par la Bresle, fleuve côtier dont l'embouchure dans la Manche est à 4 km, au Tréport.

Eu est située à 4 km du Tréport, à 5 km de Mers-les-Bains, à 7 km d'Ault, à 12 km de Friville-Escarbotin, à 13 km de Gamaches, à 22 km de Blangy-sur-Bresle, à 24 km de Saint-Valery-sur-Somme, à 25 km d'Envermeu, à 28 km de Londinières, à 31 km d'Abbeville, à 32 km de Dieppe et à 42 km de Neufchâtel-en-Bray.

Le port vers 1900.

L'habitat et les activités s'étant concentrés au fond de la vallée, autour du château d'Eu et du port, Eu fait partie, avec Le Tréport et Mers-les-Bains, d'une même agglomération, les « trois villes sœurs » empiétant sur deux départements.

Voies de communication et transports

Le tramway devant la Collégiale

Eu est desservie par les gares d'Eu et d'Eu-la Mouillette (trains TER Haute-Normandie et TER Picardie des lignes du Tréport-Mers à Beauvais et à Abbeville).
En haute saison, elle est également desservie par des trains Corail reliant Paris-Nord au Tréport-Mers.
Eu était autrefois également reliée à Dieppe. La ligne Eu-Dieppe a été coordonnée le 2 octobre 1938 et partiellement transformée en sentier de randonnée : le chemin vert du Petit-Caux. De même, le tramway d'Eu-Le Tréport-Mers reliait de 1902 à 1934 la ville aux deux stations balnéaires.

  • Aérodrome d'Eu - Mers - Le Tréport

Environnement

La Basse forêt d'Eu présente une caractéristique particulière[1]. C'est une des très rares zones qui au nord de la France ait été conservée enforestée depuis la préhistoire, tout en étant sise sur une zone de limons riches. Ailleurs, hormis trois massifs du Nord-Pas-de-Calais (Forêt de Mormal, Forêt de Nieppe, Forêt d'Hesdin), les forêts de sols riches ont toutes été déboisées au profit de l'agriculture au Moyen Âge ou pendant l'Antiquité. Il est possible et probable qu'elle contienne des arbres qui sont des descendants directs de la forêt préhistorique.

Eu est classée 4 fleurs avec la distinction Grand Prix au Concours des villes et villages fleuris[2].

Héraldique

Les armes de la ville d'Eu sont les suivantes : Fichier:Armes-eu.jpg Blason d'argent au lion passant de gueules. L'écu est timbré de la couronne murale d'or à trois tours crénelées. Il est supporté par une aigle au vol abaissé d'argent.

Histoire

Origine du nom

Le nom de la commune est lié à celui du fleuve qui la traverse : avant de s'appeler la Bresle, ce petit cours d'eau était connu au Moyen Âge sous le nom d'Ou, puis Eu. La forme Eu qui a prévalu est plutôt picarde, la forme Ou plutôt caractéristique des dialectes de l'ouest. Un texte du XIIe siècle écrit par le chroniqueur Orderic Vital ne laisse pas le moindre doute : « Aucum flumen quod vulgo dicitur Ou »[3]. On trouve, toujours pour désigner le fleuve, diverses formes du XIe siècle présentant des variations de la consonne intervocalique : Auvae (à lire peut-être Awae), la plus ancienne IXe siècle, Aucia ou encore Auga, plus tard au Xe siècle, qui est peut-être liée à une confusion avec le terme Auga, à l'origine, lui, du nom du Pays d'Auge. Cette consonne s'est rapidement amuïe dans la prononciation courante. L'origine devrait être le germanique *awa (= eau, cf. allemand Au/Aue = pré inondable), à rapprocher du latin aqua, ou plus directement le thème indo-européen av dont les termes précédents sont issus et qui a servi à dénommer l'Aff en Bretagne, anciennement Ava et le fleuve Ava en Ukraine[4].

La ville d'Eu n'a par contre rien à voir avec l'agglomération romaine appelée Augusta, située un peu plus au sud-est, qui a laissé son nom à la commune voisine d'Oust-Marest, dans la Somme. Les archéologues y ont retrouvé les traces d'un théâtre et d'un temple gallo-romains.

Chronologie

En 996, le comté d'Eu est créé par Richard, petit-fils de Rollon, dans le but de protéger la Normandie. En 1050, Guillaume (futur Guillaume le Conquérant), épouse sa cousine Mathilde, la fille du Comte de Flandres au château d'Eu.

En 1180, Laurent O’Toole, archevêque de Dublin et légat du pape, tente de rencontrer Henri II Plantagenêt (roi d'Angleterre et duc de Normandie) à Rouen. Il tombe malade à Eu, où il décède. Il a été béatifié en 1186 et canonisé en 1225. La collégiale, dont les travaux débutent en 1186, porte le nom Notre-Dame-et-Saint-Laurent. Saint Laurent est le saint patron de la ville d'Eu. Une partie de ses reliques sont encore conservées dans la collégiale. Richard Cœur de Lion fit construire des remparts autour de la ville.

En 1430, Jeanne d'Arc, faite prisonnière à Compiègne par les Anglais, est conduite à Rouen en passant par Eu ; elle y passe une nuit.

Le 10 juillet 1475, le roi de France Louis XI fait incendier la ville de peur que ses habitants ne la livrent aux Anglais. Ce jour restera dans les mémoires sous le nom de « Mardi Piteux ». Seuls les établissements religieux furent épargnés.

En 1578, Henri le Balafré, duc de Guise, mari de Catherine de Clèves, 26e comtesse d’Eu, fait construire l’actuel château et fonde le collège des Jésuites (1580). Mais son assassinat à Blois, le 23 décembre 1588, contrarie l'évolution des travaux.

Au XVIIe siècle, les épidémies font des ravages réguliers. La peste de 1636 est si dévastatrice que la ville commande à l’orfèvre eudois Avril une Vierge votive en argent et fait le vœu, à perpétuité, d’une procession annuelle pour mettre un terme à l’épidémie (cette procession existe encore de nos jours).

Conséquence directe de la peste de 1636, l’Hôtel-Dieu sera construit en 1658. Les sœurs hospitalières de la Miséricorde de Jésus s’en occupèrent jusqu’en 1967.

En 1660, la duchesse de Montpensier (1627-1693), dite la Grande Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV et plus riche héritière de France, achète le comté d’Eu. Elle s’installe au château d’Eu en 1677, le transforme, aménage un jardin à la française, fait construire un petit château dans le parc et dote la ville d’un hôpital. Pour tenter d’obtenir la libération de son bien-aimé (Monsieur de Lauzun), prisonnier de Louis XIV à Pignerol, la Grande Mademoiselle fait don du comté d’Eu au duc du Maine, fils légitimé du roi et de Madame de Montespan. Les fils du duc du Maine mourant sans postérité, le comté revient ensuite au duc de Penthièvre (1725-1793), fils du comte de Toulouse (frère cadet du duc du Maine). Le futur roi Louis-Philippe, alors duc d'Orléans et petit-fils du duc de Penthièvre par sa mère, hérite du château en 1821. Eu devient résidence royale en 1830 et se réjouit des séjours réguliers de Louis-Philippe, roi des Français (1830-1848) et de sa famille.

Arrivée de la Reine Victoria au château en 1843

À deux reprises, en 1843 et 1845, la Reine Victoria d’Angleterre est reçue au château d’Eu, posant ainsi les bases de la future Entente cordiale franco-britannique.

Dans les glacières du château (actuellement le bar Le Bragance), des blocs de glace importés de Norvège servaient à conserver la nourriture.

À partir de 1873, Eugène Viollet-le-Duc le remania pour le Philippe d'Orléans (1838-1894) comte de Paris, prétendant au trône. Un incendie détruisit l'aile sud en 1902. L'ancienne famille impériale du Brésil (les Orléans-Bragance) le posséda de 1905 à 1954.

En 1914, l'hôpital temporaire n° 20 est installé dans le château. Grâce au travail ingénieux et persévérant de Denis Sauzéat, pharmacien aide major de 1ère classe et au précieux concours qu'il a su s'assurer avec notamment l'aide de Marie Curie et l'utilisation de la voiture du Prince Pierre d'Orléans-Bragance, un poste de radiologie est installé dans l'une des salles du château. Ce poste, commencé avec les ressources les plus minimes, était muni des plus utiles perfectionnements au départ pour le front du major Sauzéat, début septembre 1915. Cet équipement rendra les plus grands services pour la guérison des blessés.

Depuis 1973, le château d'Eu est devenu Musée Louis-Philippe. L'Association des Amis du Musée Louis-Philippe du château d'Eu fut créée en 1985 par Madame, comtesse de Paris, née Isabelle d'Orléans et Bragance (1911-2003), pour promouvoir l'enrichissement de cet édifice qui est classé Musée de France. Une partie de l'ancien domaine royal appartient toujours aux Orléans, héritiers d'Isabelle d'Orléans et Bragance.

Administration

Le château d'Eu

Liste des maires successifs

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 ... Marie-Françoise Gaouyer PS Infirmière
juin 1995 mars 2008 François Gouet div.d ...
1976 juin 1995 Jean Duhornay UDF-CDS ...
1953 1976 Pierre Allard ... Notaire
1945 1953 Henri Franchet ... ...
1944 1945 Jules Tellier ... ...
1937 1944 Henri Franchet ... ...
1929 1937 Charles Morin ... ...
1892 1929 Paul Bignon AD ...
1878 1890 Marcel Richebraque ... ...
1874 1878 Octave Delattre ... ...
1870 1874 Marcel Richebraque ... ...
1851 1870 Octave Leconte ... ...
1848 1851 Gustave Delattre ... ...
1842 1848 Louis François Rabion ... ...
1840 1842 Bonaventure Leconte ... ...
1835 1840 Louis François Rabion ... ...
1826 1830 Paul Duval de la Croix ... ...
1800 1804 Jean Laurent Guignon ... ...
1791 1792 Claude Antoine Delahuppe ... ...
1789 1791 Jean Roger Monceaux ... ...
1787 1789 Jean Laurent Guignon ... ...
1779 1783 François de Vadicourt ... ...
1773 1775 Baltazar de Vadicourt ... ...
1770 1772 Pierre Nicolas Anceaume ... ...
1766 1769 Baltazar de Vadicourt ... ...
1758 1763 Marc-Antoine Capperon ... ...
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Jumelages

La ville d'Eu est jumelée avec : [5]

Elle entretient des relations d'amitié avec :

Démographie

Évolution démographique

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 380 3 230 3 219 3 467 3 543 3 739 3 977 4 370 4 019
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 156 4 416 4 168 3 899 4 379 5 105 4 989 4 693 4 818
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5 398 5 743 5 651 5 817 5 963 5 617 5 655 5 540 6 343
1962 1968 1975 1982 1990 1999      
7 029 8 079 8 626 8 588 8 344 8 081      

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Graphique de l'évolution de la population 1794-1999

Monuments et lieux

Le château : Grand salon du rez-de-chaussée.
Article détaillé : Château d'Eu.
Place Carnot, vers 1910.

Personnalités liées à Eu

Économie

La teinturerie au pied du château.
  • Téléphonie
  • Mobilier métallique
  • La vallée de la Bresle est le premier[6] centre de verrerie (flaconnage) au monde.


Notes et références

  1. Dubois Jean-Jacques, 1989, Espaces et milieux forestiers dans le Nord de la France. Étude de biogéographie historique. Thèse d’Etat, Université Paris -I Panthéon-Sorbonne, 2 vol., 1 023 pages
  2. Source : Villes et Villages Fleuris
  3. Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, éditions Le Robert
  4. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et des anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, 1979, 180 p. (ISBN 978-2-7084-0040-5) (OCLC 6403150).
    Ouvrage publié avec le soutien du CNRS
     
  5. Présentation - Jumelages et partenariats
  6. http://www.la-glass-vallee.com/index.php/fr/La-Glass-Vallee/

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes


Liens externes



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