Cathédrale Saint-Étienne (Sens, Yonne)

Cathédrale Saint-Étienne (Sens, Yonne)

Cathédrale Saint-Étienne de Sens

Cathédrale
Saint-Étienne de Sens
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
48° 11′ 52″ Nord
       3° 17′ 01″ Est
/ 48.1979, 3.2837
 
Pays France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Ville Sens
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Archidiocèse de Sens-Auxerre (siège)
Début de la construction 1135
1490 (transept)
Fin des travaux 1534 (tour)
1517 (transept)
Style(s) dominant(s) Gothique
Classé(e) Monument historique (1840)

La cathédrale Saint-Étienne de Sens, de son vrai titre cathédrale métropolitaine et primatiale Saint-Étienne de Sens est une cathédrale catholique romaine française, située dans la ville de Sens du département de l'Yonne.

Jusqu'en 1622, la province ecclésiastique de Sens se nommait CAMPONT, acronyme correspondant aux évéchés suffragants de Sens : Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes, témoin de la grandeur passée de cet archevêché.

Elle est considérée comme la première des cathédrales gothiques( la basilique de St denis qui lui dispute ce titre est consacrée en 1140, mais n'est pas à cette époque une cathédrale. elle ne le devient qu'en 1966 ). C'est vrai pour ce qui concerne la date de début des travaux (1135) et la date de sa consécration (1163). Sa tour ne fut cependant achevée que fort tard (1532-1534). Quant au transept, qui date des années 1490-1515, il constitue un des plus beaux chefs-d'œuvre du gothique flamboyant.

Sommaire

Historique

La façade occidentale de la cathédrale. Remarquez la différence de style entre la tour nord (à gauche) plus ancienne et le reste de la façade reconstruit après l'effondrement de 1268.
Plan de la cathédrale de Sens

Vers 1135, l'archevêque Henri Sanglier décide de remplacer la cathédrale du Xe siècle, par un édifice grandiose et digne de l'importante métropole sénonaise. Au moment où s'élèvent partout des constructions romanes, Henri Sanglier appelle un architecte novateur (Guillaume se Sens) qui va proposer une conception révolutionnaire du voûtement, la croisée d'ogives.
Naît alors une cathédrale ample, d'un volume simple et continu, constituée d'un vaisseau central et de deux collatéraux. En 1164, le sanctuaire est consacré par le pape Alexandre III, (réfugié à Sens de 1162 à 1165 [1] ). Le chantier ne s'achève à la façade occidentale qu'à la fin du XIIe siècle. En 1268, l'effondrement de la tour sud détruisit la plus grande partie de la façade occidentale, ce qui nécessita une reconstruction.
Celle-ci fut longtemps interrompue par la Grande Peste et par la Guerre de Cent Ans, mais l'homogénéité de l'ensemble fut toujours préservé par les différents maîtres d'œuvre. Entre 1490 et 1517, on entreprend la construction, dans un gothique flamboyant, d'un grand transept dont les travaux sont confiés à un important maître d'œuvre parisien, Martin Chambiges.
Tristan de Salazar, archevêque de Sens (1475 –1518) fit don de la rose du Jugement dernier (et de la légende de saint Étienne) qui orne le croisillon sud du transept. Vers 1510, à la mémoire de ses parents, il fit ériger une chapelle où il fut inhumé.

Mais la reconstruction de la grandiose tour sud ne se termina qu'en 1532, après quoi on la dota d'un petit campanile achevé en 1534.

Au total l'édification du sanctuaire s'étend sur une période de quatre siècles.

Quelques dimensions

  • L'intérieur de la cathédrale a une longueur de 113,5 mètres (cathédrale Notre-Dame de Paris : 128)
  • Longueur extérieure : 122 mètres
  • Hauteur de la tour sud : 78 m. (Paris : 69 m.)
    • dont hauteur de la terrasse : 66 m.
  • Largeur de la façade : 48,5 m. (Notre-Dame de Paris : 44 m.)
La nef
  • Hauteur de la nef : 24,4 m. (Paris : 33,5)
  • Largeur du vaisseau central de la nef : 15,25 m. (Paris : 13,5 m.)
  • Largeur de la nef avec ses deux bas-côtés : 27,5 m.
Le transept
  • Longueur intérieure du transept : 48 m.
  • Hauteur sous voûte du croisillon nord du transept : 27,5 m.
  • Hauteur sous voûte du croisillon sud du transept : 27 m.
  • Diamètre des roses du transept : 11 m. (Notre-Dame de Paris : 13,1 m.)
  • Hauteur des verrières des deux façades du transept : 18 m.

Autres mesures et dimensions : [2]

Statue de Saint Étienne sur le trumeau du portail central de la façade occidentale (fin du XIIe siècle)
La cathédrale Saint-Étienne : vue de la tour sud. Avec ses 66 mètres de hauteur au niveau de la terrasse et ses 78 mètres au niveau du campanile, elle dépasse la hauteur des tours de façade de Notre-Dame de Paris
La superbe façade sud et son portail. On doit ce chef-d'œuvre du gothique flamboyant à l'architecte Martin Cambiges

L'extérieur de la cathédrale

La façade occidentale

La tour nord et son portail

La partie la plus ancienne de la façade occidentale est la tour nord ou Tour de Plomb, appelée ainsi, car recouverte jusqu'en 1845 d'une flèche recouverte de lames de plomb. À sa base, son portail est dédié à Saint Jean Baptiste. Le tympan représente d'une part le baptême du Christ, et d'autre part la décapitation du saint. Cette partie de la façade date de la fin du XIIe siècle et fut notamment financée par le roi Philippe-Auguste (1180-1223).

La partie centrale

Le portail central est en grande partie rescapé de l'effondrement de 1268, et fait donc partie de la portion ancienne de la façade (voir photo [3] ). Il présente sur son trumeau une statue de Saint Étienne. Les grandes statues des piédroits ont été fracassées à la Révolution et n'ont jamais été reconstituées. Seule celle de saint Étienne a échappé au massacre, quelqu'un ayant eu la bonne idée de la coiffer d'un bonnet phrygien. Sur les faces latérales de ce trumeau on peut voir de très beaux rinceaux. Les pied-droits du portail montrent les vierges sages et les vierges folles. Deux médaillons situés au dessus du portail dans les écoinçons, terminent cette parabole. À gauche, les vierges sages trouvent les portes du ciel ouvertes, tandis qu'à droite elles restent fermées aux vierges folles .

Au soubassement on peut voir trois étages de bas-reliefs sculptés. Le niveau inférieur refait au XIXe montre des motifs géométriques, le niveau intermédiaire présente à gauche des animaux et êtres fabuleux, et à droite les Vices et les Vertus (partie hélas fort abîmée). Quant à l'étage supérieur gauche, il nous montre les sept Arts libéraux et la Philosophie, tandis qu'à droite sont représentés les travaux des 12 mois de l'année.

Enfin le tympan du portail central, qui fut victime de la catastrophe de 1268 et reconstruit ultérieurement, représente le martyre de Saint Étienne.

Le reste de la partie centrale de la façade y compris la grande fenêtre et les parties supérieures à celle-ci ont été reconstruites après 1268 et datent de la fin du XIIIe et du debut du XIVe siècle, à l'exception du motif du Christ en majesté installé tout en haut et qui est un ajout du XIXe.

La tour sud et son portail

On l'appelle aussi Tour de Pierre. Son portail est consacré à la Vierge Marie. Sur son linteau, on peut admirer la représentation de la Dormition et de l'Assomption. Sur le tympan : couronnement de la Vierge par Jésus Christ.

On remarque au troisième étage de la tour un groupe de cinq statues. Elles font partie d'une galerie de dix sculptures représentant dix archevêques de Sens et correpondent à un groupe équivalent, au même niveau, sur la face postérieure de la tour. Elles ont été placées là au XIXe siècle. Ce niveau, correspondant à la partie supérieure du massif de la façade fut reconstruit au début du XIVe. On put s'engager alors dans la reconstruction de la tour proprement dite ou clocher. Mais tout s'arrêta avec la guerre de cent ans et ce n'est qu'au début du XVIe que les travaux reprirent. Le clocher est de ce fait de style gothique flamboyant. L'ouvrage se termine par un petit campanile octogonal de style Renaissance construit dans la foulée (1534).

Les façades latérales

Façade sud

La façade sud comprenant le superbe portail de Moïse date des années 1490-1500 et est l'œuvre du grand architecte Martin Chambiges, lequel travailla aussi à Senlis, Troyes et Beauvais. Cette façade de style gothique flamboyant donne dans la cour du Palais des Archevêques qui jouxte la cathédrale. Les parties inférieures de la façade datent cependant du XIVe siècle, époque ou sa construction débutée avait été abandonnée (guerre de Cent Ans).

Le portail sud est consacré à la Vierge. Son tympan représente la dormition et le couronnement.

Les voussures du portail et les claveaux sculptés qui les composaient ont été vandalisés à la Révolution. Il en va de même des grandes statues des piédroits dont les niches sont désormais totalement vides. Quelques heures ont suffit aux vandales de l'armée marseillaise qui passait par là, pour saccager toute la statuaire de l'édifice le 7 novembre 1793.

Le portail est surmonté d'une immense verrière haute de 18 mètres et comprenant une superbe rosace à six branches, la rosace du Jugement Dernier (voir plus loin "le transept").

Façade nord

Vue du chevet de la cathédrale et de ses arcs-boutants sans système d'évacuation des eaux (gargouilles). L'ensemble est très harmonieux.

Les arcs-boutants

Le premier architecte de la cathédrale ou Maître de Sens fut le premier, semble-t-il, à avoir utilisé la technique des arcs-boutants externes pour soutenir la haute nef de l'édifice. Au milieu du XIIe siècle, cette technique était encore imparfaite, car tout à fait empirique. On ne savait pas avec précision à quel endroit du mur gouttereau de la nef les appliquer, ni quelle courbure leur donner. À Sens, il s'agit d'arcs-boutants simples, à un seul niveau. Le dos ou extrados des chaperons des arcs-boutants primitifs de la cathédrale ne sont pas encore munis d'une rigole d'évacuation des eaux de pluie de la toiture, et ne sont donc pas dotés de gargouilles. Ce système n'apparaîtra pour la première fois que vers 1220-1230, à Notre-Dame de Paris.

L'usage des arcs-boutants sera grandement amélioré à la cathédrale de Soissons avec la mise au point d'arcs-boutants à deux niveaux.

Le chevet

L'intérieur de la cathédrale

La nef - on distingue bien, tant à droite qu'à gauche l'alternance entre piliers forts et colonnes faibles. La voûte est sexpartite

La nef

La nef très large (15,25 mètres) (13,5 mètres à Paris) est lumineuse et peu élevée (24,4 mètres). On remarque l'alternance entre piliers forts et piliers faibles, ces derniers étant constitués de simples colonnes cylindriques géminées. À part la première qui est rectangulaire, les travées sont de plan carré et correpondent à une voûte sexpartite. Dans ce type de structure, caractéristique du premier âge gothique, le pilier faible ne soutient qu'un arc doubleau de la nef (plus un des côtés de chaque grande arcade qui le borde, ainsi que les petites ogives des collatéraux), tandis que le pilier fort reçoit en outre deux ogives diagonales, ce qui permet de diviser la voûte d'une travée en 6 parties. La nef compte ainsi quatre travées carrées et une rectangulaire. Les bas-côtés ou collatéraux ont sept travées de plan carré. La nef a une élévation à trois étages : grandes arcades, triforium aveugle et fenêtres hautes.

Au début de la nef à droite, le premier pilier faible a été remplacé par un pilier fort supplémentaire, témoin de l'effondrement de la tour droite (sud). On remarque aussi à cet endroit que les arcs brisés des ogives sont plus aigus, ce qui montre l'évolution des techniques du gothique survenue entre construction et réparation de la nef. Au nord, sur le premier pilier se trouve une petite tête en pierre sculptée et représentant Pierre de Cognières, alias Jean du Cognot [4].

La première travée du collatéral sud ou chapelle Sainte-Croix, placée sous la tour du clocher, est aussi appelée Chapelle des cloches, car elle se trouve juste sous les deux bourdons de la cathédrale.

La rosace nord du transept de la cathédrale ou rosace du Concert Céleste, comporte cinq branches et date de 1516
Vierge à l'enfant datée de 1334, se trouvant dans la chapelle du bras sud du transept ou chapelle Notre-Dame.

Le transept

Œuvre de l'architecte Martin Chambiges et de style gothique flamboyant, l'élévation du transept ne comporte plus que deux étages : grandes arcades et fenêtres hautes. Le triforium a été supprimé conformément aux règles de l'époque, ce qui visait à accroître la dimension des fenêtres hautes. De plus l'architecte suréleva la voûte qui atteint ici 27 mètres au sud et 27,5 au nord (contre 24,4 ailleurs).

Avec ses deux gigantesques et splendides verrières qui l'illuminent aux deux extrémités, le transept apparaît comme un énorme vaisseau de lumière et apparaît comme l'un des plus beaux chefs-d'œuvre du gothique flamboyant.

Les deux bras du transept sont bordés à l'est d'une vaste absidiole, chapelle ouverte aussi sur la partie correspondante du déambulatoire du chœur. Chacune des absidioles est composée d'une travée carrée et d'une abside semi-circulaire orientée à l'est.

Le croisillon sud

Le bras sud du transept, se termine par une immense verrière de 18 mètres de hauteur. Celle-ci fut offerte par l'archevêque Tristan de Salazar. Ce sont des verriers troyens qui exécutèrent les vitraux de 1500 à 1502. La partie inférieure de la verrière est constituée d'une claire-voie consacrée à la vie et au martyre de saint Étienne.
Au dessus et dominant le tout se trouve l'énorme rosace à six branches, représentant le Jugement Dernier et la résurrection des morts.
Les fenêtres latérales occidentales du croisillon prolongent le thème de saint Étienne. Les fenêtres latérales orientales nous offrent notamment un bel Arbre de Jessé, ainsi qu'une Vierge à la Licorne. On y trouve aussi la vie de saint Nicolas, une série de scènes bibliques, etc.

La chapelle du bras sud du transept ou chapelle Notre-Dame communique avec le déambulatoire du chœur. Elle renferme un autel surmonté d'une Vierge à l'enfant datée de 1334 (voir photo). On trouve sur le piédestal de la statue trois scènes sculptées : l'Annonciation, la Visitation de la Vierge Marie et la Nativité.

Le croisillon nord

Il est le pendant du bras sud du transept, et tout aussi beau que lui. Il est éclairé par une verrière de quinze mètres de haut composée d'une claire-voie de cinq fenêtres à lancettes géminées, surplombée par la rosace dite du Concert Céleste qui comporte cinq branches. Offerte par le doyen du chapitre Gabriel Gouffier, on doit cette verrière aux maîtres verriers Jean Hympe père et fils.
La claire-voie inférieure montre cinq apparition de l'archange Gabriel patron du donateur. Les vitraux du côté est du croisillon racontent l'histoire biblique de Joseph, ainsi que les images de 16 archevêques de la ville ayant pris rang de saints (canonisés). Du côté ouest, on peut voir des scènes de la vie d'Abraham, ainsi que celles des saints protecteurs de la ville. Tous ces splendides vitraux datent du début du XVIe siècle sauf l'un réalisé au siècle suivant.

Vue du chœur de la primatiale avec sa superbe grille de fer forgé, œuvre de Guillaume Doré
Partie nord du déambulatoire : les arcatures aveugles sont encore de type roman

Le chœur

Le chœur comporte cinq travées droites à voûtes sexpartites, et un rond-point à cinq pans. L'élévation à trois étages est semblable à celle de la nef.

Le chœur est fermé par de superbes grilles dues à Guillaume Doré, serrurier parisien. Elles datent de 1762. Sous la croisée du transept repose la dépouille du maréchal de Muy, ministre de la guerre de Louis XVI, qui désirait être inhumé non loin du dauphin Louis de France, fils de Louis XV qui reposait sous le chœur.

A la révolution la dépouille du dauphin Louis, fils de Louis XV fut retirée du chœur par les révolutionnaire puis jeté en fosse commune. À la restauration, on retrouva ses restes lesquels se trouvent aujourd'hui dans la chapelle Sainte-Colombe, l'une des chapelles latérales du chœur. Celle-ci construite en 1704-1710 est de plan ovale. Le mausolée du dauphin est une œuvre de Guillaume Coustou composé de deux groupes allégoriques : l'Immortalité et la Religion.

Le maître-autel date de 1742 et est l'œuvre de Servandoni. Il est surmonté d'un baldaquin orné de colonnes de marbre rouge. Derrière le maître-autel se trouve l'autel des Saints-Pierre-et-Paul.

Au sud, la chapelle Notre-Dame communique avec le croisillon sud du transept.

Le déambulatoire

Le déambulatoire ouvre sur six chapelles, dont trois sont rayonnantes et donnent sur le rond-point : la chapelle axiale est du XIIIe, les deux autres sont des XVIe et XVIIIe siècles. Les trois autres sont latérales, deux d'entre elles se trouvent au sud et sont du XIVe, la dernière au nord est aussi du XIVe siècle.
Au nord, on trouve une série d'arcatures aveugles encore de type roman, présentant de fort beaux chapiteaux et qui datent du XIIe siècle. Sous l'une de ces arcatures : statue de Thomas Beckett.

Les cloches de la cathédrale

La tour sud porte toujours les 2 pièces les plus importantes de la sonnerie médiévale très réputée : les deux cloches bourdons :

  • la Savinienne fondue en 1560, d'un diamètre de 2,6 m, elle donne le mi bémol
  • la Potentienne fondue en 1560, d'un diamètre de 2,33 m, elle donne le fa.

Leur nom est un un hommage rendu aux deux premiers évêques de Sens, saint Savinien et saint Potentien.

Si autrefois beaucoup de grandes cathédrales avaient deux bourdons, Sens est la seule où ils aient tous deux échappé au creuset révolutionnaire.

Influence de la cathédrale de Sens

Première grande cathédrale gothique de la chrétienté, l'influence de la cathédrale de Sens fut fort importante. Elle le fut particulièrement lors de la reconstruction en style gothique du chœur et du transept oriental de la cathédrale de Cantorbéry, suite à l'incendie de 1174. L'architecte en charge de ces travaux s'appelait d'ailleurs Guillaume de Sens et dirigea le chantier de 1175 à 1179 [5], date à laquelle il rentra en France, gravement blessé par une chute survenue sur le chantier. Son successeur et élève, un certain anglais nommé William (Guillaume l'Anglais) termina le chœur, le chevet, la chapelle de la Trinité et la chapelle dite de la couronne de Becket. Or cette extrémité orientale conserve toutes les caractéristiques de l'abside de la cathédrale de Sens, non-seulement dans son plan, mais dans sa construction et sa sculpture d’ornement, avec plus de finesse et de légèreté, ce qui s’explique par l'intervalle de quelques années qui sépare la construction des deux édifices. Viollet-le-Duc émettait l'hypothèse que ce Guillaume de Sens aurait été également l'architecte (inconnu) de la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

L'architecture de la cathédrale de Sens eut aussi une forte influence sur l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, ainsi que sur la cathédrale de Nicosie à Chypre.

Galerie

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Divers

  • Peu après sa consécration en 1164, la cathédrale de Sens accueillit un prestigieux réfugié politique : l'archevêque de Canterbury, Thomas Becket. Ce dernier était en conflit avec le roi d'Angleterre Henri II. Il resta en Bourgogne jusqu'en 1170 et séjourna aussi à l'abbaye de Pontigny. De retour en Angleterre, il se fit assassiner dans sa cathédrale de Canterbury le 29 décembre 1170.
  • La cathédrale n'a pas seulement souffert des affres des armées révolutionnaires de la république. Le XIXe siècle regorge de soi-disant spécialistes du gothique qui commirent bien des méfaits. Ainsi l'architecte-vandale Robelin, chargé de "restauration" de l'édifice, détruisit purement et simplement les chapelles latérales pour les remplacer par d'autres de sa conception...

Notes et références

  1. C'est ce même pape Alexandre III qui posera la première pierre de Notre-Dame de Paris en 1163, en présence du roi Louis VII
  2. Plan détaillé de la cathédrale, avec échelle métrique
  3. voir photo du portail sur le site Architecture religieuse en occident - Saint-Étienne de Sens
  4. Pierre de Cognières ou Jean du Cognot était un avocat qui avait attaqué les privilèges du clergé devant le roi Philippe VI. Il n'eut pas gain de cause, et afin de le ridiculiser, on sculpta sa tête que l'on exhiba dans la cathédrale. Elle s'y trouve toujours.(Photo : Architecture religieuse - Saint-Étienne de Sens )
  5. Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Eugène Viollet-le-Duc
Plan du chœur et des chapelles du transept par Viollet-le-Duc

Annexes

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

  • Collombet, François Les plus belles cathédrales de France, Sélection du Readers Digest, Paris (France), ISBN 2-7098-0888-9, 1997; pp. 206–209.
  • Erlande-Brandenburg, Alain Histoire de l'architecture française (Tome 1), Éditions du Patrimoine, Mengès, Paris (France), ISBN 2-856203671, 1995.
  • Stoddard, Whitney S. Art & Architecture in Medieval France, Icon Éditions (Harper & Row Publishers), New York (États-Unis), ISBN 0-06-430022-6, 1972; pp. 112–119.

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